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13.12.2008

Friday Night Lights - 1x04 Oeil pour oeil, dent pour dent

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Après présenté son ambiance particulièrement et l'intrigue générale avec notamment la paralysie de Jason Street, la série s'attarde un peu plus durant ce quatrième sur la psychologie de ses personnages, laissant ainsi de côté le football. C'est finalement une bien belle idée, puisque les premiers épisodes étaient très forts en émotions, et celui-ci nous permet de mieux cerner les personnages et leurs choix. Friday Night Lights prend son temps pour installer ses intrigues, et si le synopsis de départ pouvait nous faire craindre à un énième teen soap, nous sommes pourtant à des années lumières de séries médiocres comme Les Frères Scott ou Gossip Girl. Même si la majorité du casting est constitué de jeunes ados dans la fleure de l'âge, la série a un ton résolument plus mature et réaliste, sans jamais tomber dans la facilité et encore moins dans le larmoyant. Pourtant , cela aurait vraiment pu vu le florilège d'intrigues dramatiques dont regorge la série, mais rien à faire, elle frappe toujours juste, avec une justesse quasi parfaite et une émotion à fleure de peau. Ce qui frappe aussi, c'est que la série ne nous présente pas des jeunes vivant dans la richesse, mais pourtant étant trop malheureux, comme c'est très souvent le cas dans les séries américaines. Non, les personnages vivent de façon très modestes, n'ont pas forcément un look très fashion et ne font pas la fête jusqu'à l'overdose. Bref, on ne vit pas dans un monde strass et paillettes, et finalement c'est bien plus réaliste car on arrive mieux à s'identifier aux personnages, même si le football n'est pas du tout ma tasse de thé. Peu importe, on se laisse forcément emporter par la série.

Depuis le début de la série, l'intrigue la plus importante est sans doute la paralysie de Jason. Pourtant, c'est une intrigue assez classique, et je pense qu'on l'a déja vu ailleurs, mais cela ne l'empêche pas d'être formidablement traité, de façon juste et sans artifices justement. Après avoir du prendre conscience de ce qui l'attend après son terrible accident, il doit apprendre à vivre avec cet handicap qui forcément change toute sa vie. Il évolue toujours dans ce centre de reéducation où il fait la connaissance d'autres garçons ayant le même handicap, pour certains c'est même encore plus grave. Toute cette partie de l'intrigue est très poignante, car empreinte d'un réalisme parfois troublant, la réalisation façon documentaire renforce encore plus ce sentiment de réalisme. On insiste un peu moins sur la relation entre lui et Lyla, ou tout du moins de son point de vue. Par contre, la scène qu'il partage avec Tyra est excellente, car c'est la première personne ou presque qui reste honnête envers lui, ils n'ont jamais été amis et cela ne va pas pour autant changer parce qu'il a connu un tel drame. C'est finalement terriblement réaliste comme réaction, elle ne prend pas Jason en pitié et c'est sans doute de cela qu'il a vraiment besoin en ce moment. Il a besoin de recommencer à vivre et de retrouver des repères. Il commence déja à retrouver l'usage de ses mains, ce qui est déja bon signe. Concernant Lyla et Tim, je ne sais pas vraiment vers quoi l'on se dirige, mais surement vers quelque chose de plus compliqué qu'une simple histoire d'adultère, même si cela fait très cliché la fille qui couche avec le meilleur ami de son copain, mais j'ai confiance en la série pour me surprendre à nouveau. Lyla a vraiment l'air d'être au bout du rouleau, et elle n'est en rien une garce, au contraire on la sent perdue et au fond si elle se rapproche de Tim, c'est parce que quelque part, elle voudrait retrouver le Jason dont elle est tombée amoureuse. Mais Tim est lui beaucoup plus difficile à cerner, il reste très mystérieux et refuse toujours d'aller voir son meilleur ami à l'hopital. Mais malgré tout, il craque peu à peu pour Lyla, mais là encore, il n'a rien d'un salaud de première non plus. 

Matt Saracen commence à devenir mon personnage préféré car si il apparait tout d'abord faible et peu sur de lui, on lui découvre des faces cachés au fur et à mesure que la série avance. Sa présence en temps que quaterback pour le grand match de vendredi prochain est de plus en plus compromis depuis l'arrivée de Vodoo. C'est bien simple, Taylor va devoir prendre des risques ou ne pas rester fidèle à ses sentiments. Car soit il prend Vodoo mais ce n'est sans doute pas ce qu'il veut réellement, soit il prend Matt et il risque de se mettre de nombreuses personnes à dos. En plus de cela, la pression pour le fameux match sera encore plus intense. D'ailleurs, je n'aime pas du tout Vodoo comme personnage, il semble vraiment faut et il a l'air d'avoir conscience qu'il a été imposé dans l'équipe, et du coup, il ne fait rien pour fraterniser avec les autres joueurs. Et au final, personne ne lui tend la main. Du côté de Matt, il craque de plus en plus pour Julie, la fille de Taylor mais a du mal à se jeter à l'eau vu sa maladresse. Il est finalement touchant dans ses gaffes, et sa relation avec le coach est toujours très belle à voir. La série se permet même quelques scènes d'humour vu que Taylor conseille à Matt de se taper la fille qu'il aime sur une banquette arrière, sans se douter qu'il s'agit de sa propre fille. Sa réaction quand il comprend tout est assez amusante. Cette petite amourette aurait pu être vite agacante, mais au contraire elle est très fraiche, très simple. Je ne demande qu'à en voir plus. Et puis tout de même quel plaisir de voir des ados qu'on n'a pas envie de claquer toutes les deux minutes.

En dehors de cette storyline légère avec Julie, le reste ne prête pas à rire. On exploite plus en profondeur le quotidien de Matt, notamment en ce qui concerne sa grand-mère qui, comme le laissait entendre les précédents épisodes est malade. Rien ne nous est véritablement dit, mais on la soupçonne de souffrir de la maladie d'Alzeihmer. On rentre complétement dans le quotidien difficile d'un jeune garçon qui semble porter le monde sur ses épaules, entre une grand-mère malade qui perd peu à peu les pédales et un père parti en Irak mais qui arrive malgré tout à communiquer via la webcam. Peu à peu, Matt perd pieds et sa grand-mère également puisqu'elle disparait en pleine nuit, elle semble complétement perdue et c'est l'une des étapes de la maladie. La série n'a jamais besoin d'en faire trop dans l'émotionnel pour que l'on soit touché, les scènes sont très fortes, et on aperçoit aussi par la même occasion une autre personnalité pour Matt qui devient plus sombre, et cède peu à peu à la violence. C'est pour cela qu'il participe à cette stupide vendetta contre l'équipe rivale et qu'il explose sa rage intérieure sur une misérable voiture. Au fond, contrairement aux autres membres de l'équipe, il n'en a pas grand chose à faire de cette équipe rivale, mais il se défoule comme il le peut. Matt est très frustré, prisonnier dans une vie misérable où il se doit d'agir déja comme un adulte. Finalement, même si la série garde comme sujet le football américain, il n'y a pas que cela dans cette série, elle est bien plus profonde que ça et semble vouloir aller bien plus loin dans la psychologie des personnages. Les Taylor sont eux aussi confrontés à leur nouvelle vie, et si Eric semble s'en contenter, Tami n'est pas ou plus dans son élement, tout le temps confronté au foot et la passion de son mari, ce couple fonctionne vraiment bien car nous avons là aussi une famille simple, sans mélodrames et cela fait du bien.

Bilan : Un épisode tout aussi remarquable que les précédents qui exploite plus en profondeur les personnages. Le tout sur une justesse et une émotion parfaite, voilà une série beaucoup trop peu connue. Et cela ne risque pas de changer à mon avis, tout du moins en France.

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