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22.02.2009
Carnivàle - 1x01 Sur la route de Milfay (Series premiere)

Diffusée entre 2003 et 2005 sur la chaine câblée américaine HBO, Carnivàle est une série qui m'a toujours beaucoup intrigué, et depuis quelques semaines je me suis intéressé de plus près à cette série de prestige tout en n'étant pas réellement convaincu de trouver mon compte dans une série assez complexe et mystérieuse. La question était donc de savoir si la série allait me plaire et surtout si elle était à la hauteur de sa réputation. La réponse est un grand oui aux deux questions. Je me suis totalement laissé happé par l'univers si particulier de cette série, car une fois dans l'histoire, on reste scotché à son écran devant cette histoire vraiment captivante, même si le rythme même de la série est assez lent. Cela pourrait être un défaut pour n'importe quelle série, mais c'est loin d'en être un pour Carnivàle. Au contraire, on prend le temps d'installer les intrigues et les personnages, la série ne nous balance pas n'importe quelle révélation dès l'épisode pilote, on prend le temps de mettre en place l'intrigue principale et se repérer parmi le grand nombre de personnages. La série se veut lente mais aussi particulièrement complexe. Tout est justement dans l'ambiance, dans ces personnages déjà hauts en couleurs et ce parallèle entre le bien et le mal exposé par les pouvoirs de Ben et Justin. Ce pilote est surtout une mise en place, une mise en bouche de ce que sera la série, et au final il ne s'y passe pas forcément grand chose. Mais cela n'empêche pas ce pilote d'être en touts points remarquable.
It's not a television, it's HBO pourrait-on dire dès le départ de ce premier épisode, car dès la première seconde, on se rend compte que nous sommes bien devant une série de HBO et donc qui rime forcément avec inventivité, complexité et intelligence, et cela se voit directement avec le fabuleux générique qui forcément dure plusieurs minutes comme les autres séries de la chaine mais celui-ci se regarde avec délectation tant il est magnifiquement conçu et représente bien l'ambiance du show. La série commence dans les années 30 durant la grande dépression. D'entrée de jeu, on fait le connaissance du jeune fermier Ben Hawkins fraichement évadé de prison et qui voit sa mère mourir sous ses yeux. Alors qu'il est sur le point de l'enterrer, une bande de forains passent par là et décident d'emmener le jeune homme avec eux pour de troubles raisons. Le jeune Ben est hanté par de très troublants rêves qu'il semble partagé avec le frère Justin, vivant en Californie et qui est sans doute lié à Ben dans un certain sens. Quand il embarque au sein de la troupe de forain, on découvre tout une galerie de personnages qui deviennent assez vite attachants. Si ils sont assez nombreux au départ, on ne s'embrouille pas et le repérage entre tous se fait assez rapidement, chacun ayant sa spécificité qui lui est propre. Dans le tas, il y a Samson, le leader de la troupe, un nain très charismatique qui obéit aux ordres de son grand patron qu'on ne voit pas pour le moment et dont on ignore tout. Le professeur Lodz est également un personnage très énigmatique, aveugle, il est capable de lire dans les rêves des gens et il aura d'ailleurs du mal à se relever après être entré dans la tête du jeune Ben. Tout autour, il y a toute une galerie de personnages qui seront sans doute importants au fur et à mesure du récit. Ruthie, la femme au serpent qui insiste pour que Ben soit emmené avec eux, Jonesy à l'apparence dur mais qui est finalement assez sensible semble t-il, Lila la femme à la barbe et accessoirement compagne de Lodz lorsque l'envie l'en prend, Rita Sue et ses filles, des danseuses nues qui peuvent aussi être filles de joies lorsque le client est suffisamment généreux. Sans non plus oublier la jeune Sofie qui est la voyante de la troupe et dont la mère, plongée dans un état catatonique, envahit son esprit. Très vite, l'on comprend que Ben n'est pas là par hasard, et que son arrivée aura de grandes répercussions dans la troupe des forains, le grand patron semble d'ailleurs avoir de grands projets pour lui. Et intelligemment, on laisse le temps à la série de s'installer avant de révéler le pouvoir de Ben. Même si la première scène et ses rêves apocalyptiques pouvaient déjà nous mettre sur la voie. Il a le pouvoir de guérison et même de résurrection, mais pour le moment il ne semble pas prêt à s'en servir. Au contraire, il refuse même son don comme si c'était un signe du diable. Les flash backs nous en apprennent beaucoup sur le passé, et plus particulièrement l'enfance de Ben et ce qu'il a du endurer vis à vis de son don. Comme la scène où il ressuscite un petit chat avant que sa mère le noie à cause de ses convictions religieuses, seul Dieu peut décider de la vie ou de la mort et après cela, on comprend l'état d'esprit dans lequel se trouve Hawkins. Nick Stahl est vraiment très convaincant dans le rôle de Ben Hawkins, même si c'est un rôle assez difficile à jouer, car Ben est un personnage très effacé, sensible et qui ne montre jamais vraiment ses sentiments. Il se pose perpétuellement des questions, doit-il utiliser son don, et dans quel but ? On pose là l'une des thématique de la série. A la fin de l'épisode, Ben affronte son destin avec un petit fille handicapé qu'il touche avec les mains pour qu'elle puisse à nouveau remarché. S'il n'est pas encore totalement prêt à accepter sa destinée, il le faudra bien car il est sans doute destiné à faire de grandes choses dans un futur très proche.
La série se partage en deux intrigues parallèles. D'un côté, Ben évolue avec la troupe des forains, et de l'autre on suit en Californie le frère Justin et sa sœur Iris Crowe. Si les deux intrigues sont en parallèles, on devine très vite que tout est lié et que Justin est finalement l'égal de Ben, sauf que son don est quelque peu différent. C'est même le don opposé, car si Ben rend la vie, Justin la reprend. Mais cela ne fait pas de Justin un grand méchant, tout du moins pas encore. Car justement Justin est un homme à priori bon qui est toujours là pour aidé son prochain et à sauver les prêcheurs. Ainsi, dans ce pilote, il y a une scène particulièrement impressionnante où une vieille femme ayant volé des pièces dans la quête se retrouve à recracher des centaines de pièces de monnaie au contact de Justin. Si pour le moment, Justin ne se rend pas encore compte de son don et ne semble pas le maitriser, sa sœur Iris est par contre beaucoup plus ambiguë, elle en sait certainement plus qu'elle n'en dit. Et sur la route sombre qui l'attend, Justin est aussi guidé par des rêves étranges et prothétiques, comme celui devant ce club de stripteaseuse où la neige se transforme en sang. Une séquence absolument magnifique du point de vue de la réalisation. Et c'est d'ailleurs l'un des nombreux points forts de la série. La réalisation est digne des plus grandes, et on sent là un véritable travail fait sur l'esthétique de cette série. Si les rêves de Justin et Ben sont plus colorés, angoissants et rythmés, le récit est beaucoup plus sombre tout en étant parsemé de magnifiques paysages, comme par exemple cette splendide image durant laquelle Ben rend ses jambes à cette petite fille. Un magnifique travail d'esthétisme. Mais comme je le disais, Carnivàle c'est surtout une série d'ambiance, on se laisse complètement envouté par l'univers tellement particulier de cette série qu'on ne peut comparer à aucune autre, tant elle est unique en son genre. On ressent cette série qui s'annonce captivante à travers des personnages tous plus complexes et ambiguës les uns que les autres et à travers une intrigue principale qui pourrait très vite s'annoncer passionnante à suivre. La mythologie est installée dès ce premier épisode, et on sent déjà l'énorme potentiel de celle-ci. La lutte contre le bien et le mal est loin d'être manichéenne, et si jamais il y a bien ce combat entre les deux personnages principaux, celle-ci se fera lentement, laissant tout d'abord place à l'évolution des deux personnages et à l'acceptation de leurs dons respectifs.
Bilan : Un grande réussite pour ce premier épisode de Carnivàle qui en impose dès le départ. Un univers envoutant et particulièrement atypique, une galerie de personnages très riche, une réalisation en touts points parfaite et une histoire mystico-fantastique fascinante dont le côté mythologique s'annonce impressionnant. Une totale réussite.
En bonus, le fabuleux générique de Carnivàle.
23:46 Écrit par Ryan dans Carnivàle, Pilote | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : carnivàle, nick stahl, clancy brown, michael j. anderson, clea duvall, amy madigan, patrick bauchau































Commentaires
Sans doute, tu ne comprendras pas tout ce qui se passe mais ce n'est pas décourageant, au contraire d'autres séries.
Et puis, il faut l'avouer en effet, la réalisation est parfaite... Le générique me donne même quelques frissons.
Enfin, je me sens beaucoup moins seul avec les critiques de mon blog. Je viendrais avec plaisir lire les tiennes.
Écrit par : Fabulio | 23.02.2009
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