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04.06.2009
Mad Men - 1x08 Langage codé

S'il fallait faire un classement, je dirai que j'ai moins aimé cet épisode. Mais vraiment juste un tout petit peu. Sans doute car le récit se passe pratiquement intégralement chez Sterling Cooper et que l'on zappe les conflits entre les Draper ainsi que les conséquences du dernier épisode avec Roger. Ca m'a un peu gêné sur le moment. Mais à part cela, on a des avancées assez significatives dans les différentes intrigues. Les personnages continuent de se dévoiler et d'évoluer et ne vont jamais là où on les attends. C'est notamment le cas de Peggy qui continue de me surprendre dans le bon sens du terme. Elle est finalement bien plus que la jeune et innocente secrétaire de Don Draper. Son ascension dans l'entreprise est très intéressante, puisqu'elle est à l'origine du projet sur les rouges à lèvres. Elle ne tarde pas à faire la fête pour fêter l'évènement, même si certains ne rate pas l'occasion de médire sur son compte. La première dans ce domaine est bien entendu Joan toujours terriblement jalouse de sa grande amie Peggy. Ce n'est pas seulement grâce à ses compétences que Peggy grimpe les échelons selon elle, c'est toujours sympa. Une vraie petite garce cette Joan mais je dois dire que je l'aime bien. Même si elle n'est pas beaucoup utilisée pour le moment. Elle reste en toile de fond, et cela fonctionne, mais j'aimerai en savoir plus sur elle. Elle est sans doute beaucoup plus que la maitresse un peu peste de Sterling. A voir dans les prochains épisodes si on sent une différence la concernant. En tout cas Peggy se lâche dans cet épisode. Notamment quand elle danse comme une folle le soir au bar, et se la joue sexy surtout pour attirer l'attention de Pete. Celui-ci est clairement dans une période de doutes. Il n'est clairement pas heureux dans son mariage mais ne sait pas encore si il veut d'une relation avec Peggy. Cela dit, il ne se gêne pas pour lui faire l'amour sauvagement dans le bureau alors qu'il n'y a personne aux alentours. Mais cela n'arrange pas ses affaire, et il reste un personnage pleins de contradictions. On sent combien il est malheureux dans son mariage avec Trudy mais une liaison avec Peggy n'arrangera peut-être pas son mal-être. On sent là un véritable travail d'écriture fait sur le personnage de Pete pour le rendre davantage humain. Même si malgré ses attitudes au début de la série, je ne l'ai jamais vraiment trouvé détestable. Sa relation avec Peggy est en tout cas très intéressante à voir en images. Difficile de voir ce qu'éprouve Pete. Il ne le sait sans doute même pas lui-même. Il va falloir faire un peu d'introspection pour savoir ce qu'il veut. Bien entendu, il n'y a qu'avec Peggy qu'il peut parler vraiment de ses problèmes. Devant ses collègues, il se dit toujours être le chef à la maison. On sent bien sa détresse, et Vincent Kartheiser me bluffe toujours par son excellente interprétation. Autre détail que j'ai bien aimé, le petit pas de danse de Peggy lorsqu'elle arrive à persuader Pete de venir au bar le soir. C'est un tout petit détail, mais ça m'a amusé.
Du côté de Don, il est toujours difficile de cerner complètement cet énigmatique personnage. Mais peu à peu, on en apprend un peu plus sur lui. A son travail, il reste maitre de la situation et tout le monde est impressionné par son savoir-faire devant les clients. Il faut dire que moi aussi il m'a impressionné sur ce coup, il maitrise à merveille l'art de la manipulation. Sans doute est-ce grandement utile pour s'en sortir dans ce milieu impitoyable qu'est la publicité. Dans le même temps, il reçoit aussi une promotion de la part de Cooper. Bref, chez Sterling Cooper, il reste maitre de la situation. C'est plutôt dans le coté privé que l'on perçoit les nombreuses failles du personnage. La petite soirée avec les amis hippies de Midge montre une fois de plus que le personnage ne se laisse jamais aller. Même en fumant des joints, il reste lui-même. C'est à dire discret, sérieux et très secret. Même dans cette joyeuse ambiance, il n'arrive à s'intégrer face à ces pseudos poètes et préfère prendre la fuite. Je n'aime toujours pas beaucoup Midge, mais cette partie de l'intrigue est très réussie car l'on sent vraiment le fossé immense entre sa bande et le style de vie de Midge face à Don. Et dans une autre partie, on utilise à nouveau la technique des flash backs pour en savoir plus sur Don. La série a fait le bon choix. Au lieu de faire tout un épisode fait de flash backs comme une série basique pourrait le faire, Mad Men distille ça et là des éléments du passé de Don. On ne le comprend pas forcément mieux, mais on comprend un peu mieux la vie qu'il a vécu étant jeune et pourquoi il en est arrivé là. On découvre un jeune garçon pas franchement très heureux et entouré de parents peu aimants, notamment sa mère qui est dure avec lui. Mais son père n'est pas non plus un saint d'après ce que l'on peut en voir, car il ne semble pas très honnête. Don ou plutôt devrai-je dire Dick a été élevé à la dure par un couple de paysans et l'arrivée d'un vagabond est presque salvatrice pour lui. La relation qui se tisse entre lui et le vagabond est vraiment très touchante. Cela permet au jeune Dick de comprendre certaines choses. On ne choisit pas sa famille, mais on choisit la vie que l'on veut avoir. A priori, il fera son choix un peu plus tard lorsqu'il choisira de fuir cette famille et de se faire porté pour mort. Ce sera sans doute intéressant de comprendre comment il en est arrivé là. Pourquoi il a abandonné les siens pour prendre la fuite. Le personnage est toujours aussi passionnant à suivre et pourtant terriblement mystérieux. La scène finale où il rentre voir son fils est aussi vraiment superbe. On sent tout le poids qui pèse sur lui. Il ne se livre pas facilement, mais cette fois on sent que cela vient du cœur. Il veut être certain que son fils ne prendra pas le même chemin que lui. Et sans doute aussi quelque part il se rend compte qu'il ne fait pas les bons choix. Ses problèmes avec Betty s'amplifient et un beau jour, ses enfants pourraient aussi vouloir prendre la fuite et quitter définitivement ce père qui les regarde à peine. Voilà ce que j'appelle une psychologie de personnage plus qu'affinée.
On lance aussi une nouvelle storyline particulièrement intéressante avec Salvatore, le styliste de Sterling Cooper. Tout le monde l'aime bien et les petites secrétaires encore innocentes sont toutes folles de cet homme. Mais il pourrait nous réserver quelques petites surprises. J'ai tout d'abord été amusé par cette petite secrétaire clairement sous le charme de cet homme et qui s'en cache à peine. Plus qu'une attirance, c'est presque une admiration qu'elle voue à cet homme. Mais Salvatore ne mange peut-être pas de ce pain là. Car dans le même épisode, il se faire allumer ouvertement par l'un de ses clients qui lui propose une petite nuit à l'hôtel après un repas au restaurant. Je ne l'ai pas vu venir, et c'est très intéressant d'explorer le thème de l'homosexualité à cette époque avec ce personnage. S'il repousse les avances de cet homme, on a du mal à savoir si c'est car il doute encore de sa sexualité ou si c'est encore autre chose. C'est écrit avec beaucoup de subtilité et l'intrigue pourrait être très intéressante. A cette époque là, l'homosexualité est encore peu admise et Salvatore malgré la sympathie qu'il dégage semble également être pleins de contradictions. A l'image de Don et Pete dans cet épisode. C'est aussi bien de s'intéresser à toutes les personnages de Sterling Cooper. Tous ont une histoire intéressante à nous raconter, montrant à nouveau tout le talent d'écriture de cette série.
Bilan : Finalement je ne sais pas pourquoi cet épisode m'a moins plu, car l'ensemble du récit est vraiment très bon. J'étais peut-être fatigué lorsque j'ai regardé cet épisode, allez savoir. Car la série continue son excellent parcours. Les personnages continuent de se dévoiler et les intrigues avancent également. Le tout avec une classe absolue et par une interprétation absolument parfaite de la part des acteurs. Semaine après semaine, je suis de plus en plus séduit par cette série, par sa subtilité, par ses personnages complexe et terriblement humains et par la reconstitution de l'époque touchant toujours la perfection. Mad Men ne croule pas sous les défauts, c'est le moins que l'on puisse dire.
23:55 Ecrit par Ryan dans Mad men | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mad men, john hamm, elisabeth moss, january jones, vincent kartheiser, john slattery































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