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21.06.2009
Mad Men - 1x13 Carrousel (Season finale)

Le dernier épisode de la saison 1 de Mad men. Une série dont je n'attendais pas spécialement grand chose et qui en treize épisodes m'a totalement séduit. En une saison, j'ai pû comprendre pourquoi Mad men était multi-primée et tellement adulée par la presse. Une réputation qui n'est pas volée, elle le mérite bien. Parler d'une époque révolue de façon épisodique n'est pas un exercice facile et beaucoup de séries en aurait perdue des plumes en route. Mais Mad men n'est pas une série comme les autres, et tout au long de cette saison, on n'a pû que constater à quel point le scénario était maitrisé, aboutie, superbement mis en scène. Rien n'est laissé au hasard, autant du point de l'évolution des personnages que des sujets relatifs à l'époque. On ne peut que se laisser bercer par cette fabuleuse série car on a la certitude d'avoir un grand épisode devant nos yeux pratiquement à chaque fois. Elle fait définitivement partie de ces séries tellement fabuleuses qu'on ne peut en dire du mal, même en le voulant. Pas étonnant dans ce cas que AMC soit la petite chaine qui monte. Comme tout season finale qui se respecte, ce dernier épisode se doit de conclure certaines choses tout en préparant les bases pour la deuxième saison. Ainsi, on a d'excellentes évolutions pour les personnages et des avancées que l'on aurait pas forcément vu venir. C'est principalement le cas pour les femmes de la série qui se sont remarquablement intégré à cet univers macho tout au long de la saison. Et on n'est pas prêt de se lasser de Betty, Peggy ou Joan. Durant toute la saison, on a vu le couple Draper se fissurer au fil du temps mais aucun rebondissement de ce dernier épisode ne se laisse vraiment venir. Betty est au centre. Celle-ci qui était absente
du pilote s'est bien rattrapé depuis, allant jusqu'à devenir l'un des personnages les plus réussis de la série, mais aussi l'un de mes préférés. Bien entendu, impossible de résister à la beauté de January Jones qui est vraiment une femme magnifique, mais en dehors de cela, l'actrice est excellente et crève l'écran dans ce rôle de parfaite petite desperate housewife coincée dans son monde parfait. On perçoit plus que jamais toutes ses fissures, tout son mal-être. On comprend que Betty est depuis longtemps au courant des nombreux adultères de Don. Elle est finalement bien plus que la parfaite petite femme naïve, et c'est très bien pensé. J'ai tout d'abord cru que ce final s'axerait autour de cette révélation et que Betty allait découvrir que son mari la trompe. Mais ce n'est pas utile, étant donné qu'elle sait déjà tout. Tout prend un sens, notamment sa scène tendue avec Don en début d'épisode. Son amie Francine vient également de découvrir qu'elle est une femme trompée et elle songe même à empoisonner son mari pour se venger. Un moment assez délicieux, et l'on ne peut que remarquer comment Don considère l'adultère. Comme si ce n'était pas grand chose. D'ailleurs l'un des spécificité de la série est son traitement de l'infidélité, aucun personnage masculin n'est fidèle je crois bien. C'est assez incroyable à voir mis en scène. Pour en revenir à Betty, elle découvre que Don passe très régulièrement des coups de téléphones à son psy pour être mis au courant des progrès ou non de sa femme lors de sa thérapie. Elle pourra dire merci à Francine de lui avoir mis sur la voie, comme quoi les factures de téléphones peuvent faire plus de mal qu'on ne le pense. Voir Betty se lâcher enfin chez son psy et laisser exploser tous ses sentiments donne l'impression que le personnage se libère. C'est aussi une manière de faire comprendre à Don qu'elle sait tout. Elle sait que le psy le mettra au courant de ses confidences. Chaque scène est brillamment pensée, c'est assez impressionnant. Même si elle se livre au psy, Betty ne se sent pas mieux pour autant, et au contraire elle est plus seule que jamais. Comme elle le dit, elle a presque de la peine pour Don car il est seule, il n'a pas de famille et il ne peut comprendre les sentiments qu'à éprouver sa femme après la mort de sa mère. Don est un homme mystérieux, renfermé sur lui et même si elle lui en veut, Betty ne peut qu'avoir de la peine pour lui. Mais elle ne peut se confier à personne. Le seul pouvant l'écouter est le fils d'Helen Bishop, Glen. C'est également très bien vu de faire ressortir cette partie de l'histoire, et Betty est très touchante quand elle est face à face à ce gamin. Cela rend le personnage encore plus attachant. De quoi la renforcer encore un peu plus, et la suite des festivités s'annonce aussi comme extrêmement réjouissante pour Beautiful Betty. L'évolution du personnage est tout simplement parfaite, de quoi annoncer de bonnes directions pour la saison 2.
Concernant Peggy, on a aussi une excellente évolution qu'on n'aurait pas forcément vu venir. Comme Betty, on a tout d'abord cru que Peggy était une femme naïve. Jeune secrétaire pas toujours très maligne, le personnage nous aura surpris plus d'une fois et est clairement renforcé par ce dernier épisode. Ainsi, elle continue de gagner sa valeur au sein de Sterling Cooper et prend du galon grâce à Don. En suite aux derniers épisodes, elle doit choisir la femme qui va représenter le nouveau produit de la boite, le stimulateur de plaisir comme ils l'appellent et l'on découvre une Peggy beaucoup plus dure et arrogante. Il y a cette très dure où elle fait pleurer cette pauvre femme qui doit servir d'égérie seulement en lui donner des conseils pour paraître plus assurante et belle devant le micro. Je n'aurai pas cru Peggy capable d'autant de cruauté, et j'ai trouvé cette scène formidable, car l'on sent que Peggy grandit et s'endurcit au contact des autres. Elle a en bien bavé tout ce temps pour s'imposer dans la boite et maintenant elle ne recule plus. Elle est tout de même très cruelle avec cette pauvre femme, la renvoyant chez elle sans même la regarder dans les yeux. Une attitude détestable mais qui rend le personnage encore plus passionnant à suivre, car elle est plus imprévisible que jamais. C'est peut-être Pete qui a déteint sur sa maitresse, car elle se conduit un peu comme lui. Avec une arrogance sans égal et c'est une évolution très intéressante pour le personnage en vue de la saison 2. Autre bonne évolution, sa grossesse surprise. Tout comme elle, je ne l'ai pas du tout vu venir. Certes, on a vu Peggy prendre du poids tout au long de la saison, ce qui a provoqué bien des moqueries d'ailleurs, mais je n'ai pas pensé une seule seconde qu'elle puisse être enceinte. Elle non plus visiblement, car son corps a semble t-il complètement rejeté cette grossesse. A tel point qu'elle comprend qu'elle est enceinte juste au moment où elle a les premières contractions. Le récit est une fois de plus pensé dans les moindres détails. Campbell est donc la père de cet enfant, c'est assez ironique vu sa situation actuelle avec Trudy. Mais le saura t-il un jour ? Je n'en suis pas certain. Vu la fin, Peggy va sans doute laisser son enfant à l'adoption. La suite des festivités est aussi très inattendue, et l'on ne sait pas du tout ce qui nous attend avec ce personnage. C'est particulièrement excitant en vue de la suite.
Campbell est lui confronté à ses propres problèmes. Trudy veut un enfant avec son mari, ce qui est assez ironique vu la situation de Peggy, mais pour le moment Pete n'est clairement pas prêt à devenir père. Sans doute trop occupé à gravir les échelons et ainsi plaire à Don qui n'a encore que du mépris pour lui. Ce serait sans doute un gros travail que devra fournir Pete pour arriver à rentrer dans les bonnes grâces de monsieur Draper. Ce serait difficile pour lui, c'est certain. Il peut néanmoins se servir de ses connaissances
et notamment de son beau-père pour faire ses preuves en ramenant des clients. On sent aussi que Pete est en train de craquer sous le poids de la pression. Il doit constamment faire ses preuves au travail, pendant que sa famille le prend toujours pour un raté qui ne fait rien de bien. Cela rend le personnage attachant, même s'il est loin d'être un saint. Par petite touches, on avance aussi avec sa relation avec Peggy. Celle-ci fait partie de la nouvelle campagne, et Pete ne semble pas apprécier de voir son ancienne maitresse en face de lui en toute circonstances. Don a également une excellente évolution, on se trouve dans la continuité du personnage. Il apprend que son frère s'est suicidé dans cette chambre d'hôtel avant de lui envoyer cette boite remplie de souvenirs. Sans dire un mot au téléphone, on sent Don terriblement bouleversé par cette nouvelle et John Hamm fait magnifiquement ressortir toutes les émotions de son personnages. Ce drame lui fait se poser des questions sur sa famille et sur ses choix. On sent qu'il est sur un tournant, mais qu'il a toujours peur d'avancer, de livrer ses failles les plus intimes. Savoir le mystère du personnage n'a rien résolu, et c'est plus que logique. A l'image de cette campagne sur les projecteurs où Don épate tout le monde. Il s'agit de souvenir que l'on veut tous garder, de la vie qui passe sans que l'on ne puisse rien y faire. On sent Don bouleversé lui-même, et c'est également le cas d'Harry lui aussi au milieu d'une crise dans son couple ayant pour cause une fois de plus l'infidélité. Ces images lui font ressentir tout ce qu'il a perdu. Pour Don, cela lui fait ressentir combien sa famille est importante et il ne veut pas tout perdre. La fin rêvée est superbe, car sans faire de longs discours, on nous en dit beaucoup sur le personnage. Il voudrait se rapprocher de sa femme et ses enfants, partir à la campagne avec eux, resserrer les liens avec sa belle-famille. Mais il ne peut tout simplement pas. C'est remarquablement bien écrit. Grand absent de ce season finale, Sterling n'est pas présent. Mais comme j'ai vu John Slattery sur les photos promos de la saison 2, on devrait le revoir assez rapidement. Mais chut !
Bilan : Un season finale tout simplement parfait et qui est parfaitement à l'image de cette première saison de Mad men. Une série qui n'a pas volée toutes ses récompenses et elle mérite amplement toute l'attention qu'on lui porte. Une série brillamment réalisée, superbement interprété par des acteurs tous plus fabuleux les uns que les autres et qui bénéficie d'une subtilité d'écriture incroyable. Tout est bien pensé, et ce jusque dans les moindres détails. Ce qui rend la série encore plus envoutante. Les pistes lancés par ce dernier épisode sont toutes très réjouissantes, notamment concernant les femmes de la série, et promettent une saison 2 toute aussi formidable. Je n'ai pas l'ombre d'un doute à ce sujet.
01:22 Ecrit par Ryan dans Mad men | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mad men, john hamm, elisabeth moss, january jones, vincent kartheiser, john slattery, mark moses, christina hendricks































Commentaires
La saison 1 de Mad men se termine en beauté, mais la série n'avait pas forcément besoin de cela pour prouver qu'elle était une grande série. Moi non plus, je ne l'attendais pas vraiment et je l'ai d'abord regardé par curiosité après toutes les éloges. Et finalement j'ai été complétement séduit par son univers et ses personnages.
Ecrit par : tao | 21.06.2009
Répondre à ce commentaireJe trouve que cette série n'est pas attachante et c'est en partie à cause de toutes les éloges qu'elle a reçu. C'est comme si elle avait été crée par le jury des Emmys eux-même, chaque plan, chaque séquence...la série transpire l'excellence (la reconstitution des sixties notamment). C'est un appat à Emmys et cet aspect de la série la rend assez hermétique à mon égard là où sur la même AMC, Breaking Bad fut mon COUP DE COEUR de l'année (devant True Blood S1 et 2, Fringe et Mad men S1 quand même !)
Je vais donc m'arrêter là (adieu Don !)
Ecrit par : preston | 18.11.2009
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