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03.07.2009

Mad Men - 2x04 Comme un dimanche

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Voilà un excellent épisode de Mad men. Tout y est absolument parfait. La construction narrative est assez atypique mais très efficace. Dans une première partie, l'on fait évoluer les personnages en les confrontant à leur peurs et à ce qu'ils ressentent. Pour ensuite revenir du côté de Sterling Cooper où l'on reprend les campagnes d'American Airlines. Mais le plus marquant dans cet épisode est de voir le récit se dérouler sur tout un mois. Ainsi, on passe tous les dimanches les uns après les autres. Une construction très audacieuse et finalement très payante car cet épisode est pour le moment le plus réussi mais aussi le plus complet de cette saison 2. Mais gageons que ce ne sera certainement pas le dernier. Ce serait mal connaître la série. On s'intéresse de nouveau aux fissures du couple Draper. J'avais un peu peur avec le dernier épisode d'assister impuissant à une simple redite de la saison 1 avec un Don infidèle et une Betty dépressive. Mais la série nous prend à nouveau à contre pieds, et c'est tout simplement passionnant à suivre. Betty est davantage forte et sûre d'elle et le fait bien savoir car elle s'oppose à Don ni plus ni moins. Je n'aurai jamais cru qu'elle en serait capable, mais elle n'est finalement pas si fragile qu'on aurait pu le penser. Tout du moins, plus maintenant. Le motif de la dispute est Bobby, le fils de Don et Betty qui se conduit de plus en plus mal et ment sans cesse à sa mère. Betty est complètement dépassée par les évènements, mais malheureusement pour elle, elle ne peut compter sur personne. Alors que Don réussi d'une main de maitre sa carrière professionnelle, elle doit rester à la maison et s'occuper des enfants. On sent que cela la pèse de plus en plus et à mon avis, on amorce vraiment quelque chose de ce côté. Depuis le début de la saison, je sens que Betty va craquer à un moment. Comme elle le dit, elle élève seule ses enfants et en veut terriblement à Don comme il ne se conduit pas comme un vrai père. Autrement dit lorsqu'il refuse de montrer toute son autorité parentale en frappant son fils. Lorsque Betty emmène Bobby à l'hôpital, j'ai cru qu'on allait lui trouver quelque chose d'étrange. Mais la série est heureusement plus subtile. C'est tout simplement un enfant qui commence à perdre ses repères, si bien qu'il se rebelle voyant que sa mère commence à être à bout de force. Voir Betty se rebeller contre Don et lui crier dessus est une grande première. Et cela en fait une scène très forte. John Hamm et January Jones sont une nouvelle fois formidables. Betty se sent incroyablement seule dans sa vie de femme au foyer, et en provoquant cette violente dispute avec Don, elle voudrait lui faire dire ce qu'il a sur le cœur. Don reste désespérément froid, ne se confiant jamais et Betty voudrait briser la glace. Cela dit, on comprend pourquoi Don ne veut pas être violent avec son propre enfant. Il ne veut tout simplement pas être son père. Comme il le dit, son père était violent avec lui et au bout du compte, il s'est enfui loin de cet homme et de son souvenir. Il ne veut pas que Bobby prenne le même chemin. La scène entre le père et le fils est tout simplement superbe, montrant à nouveau toutes les blessures intérieurs de Don qui reste un personnage extrêmement riche et complexe. Derrière ce problème familial, on sent que le fossé se creuse entre les Draper. Ils en sont tous les deux conscients, mais aucun d'eux n'est vraiment prêt à l'admettre. Seule ombre au tableau, Don continue de voir Bobbie. Et cette intrigue ne me plait pas du tout. J'espère que l'on se débarrassera assez vite de cet encombrant personnage. J'aimerai plutôt voir Don affronter ses propres problèmes plutôt que de le voir foncer tête baisser dans une nouvelle aventure.

Peggy est elle aussi confrontée à son passé et aux choix qu'elle a dû faire par le passé. On a donc la confirmation que le bébé qui réside chez sa mère et sa sœur est bien son enfant. On ne peut que comprendre le malaise de Betty qui est palpable. A chaque fois qu'elle se retrouve à diner avec sa famille, elle est face à ses erreurs et cela la culpabilise énormément. On le sent. C'est sans doute pour cela qu'elle se rapproche de ce sympathique prêtre interprété par Colin Hanks. D'ailleurs, je ne l'ai pas reconnu tout de suite. Il se tisse tout de suite une relation touchante entre eux. Même si elle ne peut rien dire de son passé, on sent que Peggy a désespérément besoin de se confier. Et sa famille n'est pas vraiment là pour l'aider. Sa mère continue de vouloir la trainer à l'église tous les dimanches. Ce qui n'est vraisemblablement pas dans les habitudes de Peggy. Quand à sa sœur, elle est tout simplement haineuse. On comprend un peu mieux ce qu'il s'est passé lorsque celle-ci se confie au prêtre lors d'une confession. Ce n'est évidement pas un simple hasard si elle se confie à ce prêtre en particulier. Sans doute pour rendre à sa sœur la monnaie de sa pièce. C'est assez dur de sa part. Car Peggy cesse d'être arrogante avec tout le monde, et pour la première fois depuis pas mal de temps, elle semble très vulnérable. Complètement perdue car elle se pose beaucoup de questions. Elle ne sait pas si elle a pris les bonnes décisions, même s'il est évident qu'elle n'est pas prête à être mère. Ne serait-ce que pour sa carrière professionnelle en pleine ascension. C'est aussi peut-être pour cela que sa sœur lui en veut Alors qu'elle et sa mère doivent s'occuper d'un bébé, Peggy vite la belle vie dans une boite de pub. A un détail près qu'elle s'en veut énormément. Le prêtre est en tout cas au courant, et on sent de l'électricité dans l'air lors de sa dernière scène face à Peggy. A ce propos, plus encore que d'habitude, on sent un véritable travail fait sur l'image de la série. Celle-ci est encore plus classieuse que d'habitude, c'est tout simplement splendide. Comme par exemple cette ultime scène avec Peggy assise seule sur un banc. On dirait presque un tableau tant l'image est visuellement magnifique. Cela renforce encore davantage le profond malaise du personnage. Mad men a décidément de très nombreuses cordes à son arc.

Malgré sa crise cardiaque, Roger n'a pas changé et accumule les aventures. Et cette fois, il ne s'agit pas d'une femme de la société mais d'une prostituée. Pourtant l'on ne tombe pas dans le glauque, et là encore la série garde sa classe habituelle. Il faut dire que John Slattery a vraiment une classe folle en plus d'être très charismatique. J'espère qu'au même titre que Joan, il sera davantage développé dans cette deuxième saison, car il m'intrigue toujours autant. Il semble avoir désespérément besoin d'affection, d'amour. Et il paye davantage sa prostituée ne serait-ce que pour l'embrasser et pour l'emmener diner dans un chic restaurant. Sans doute car il se sent cruellement seul dans sa vie. Il n'a personne à qui se confier, et il semble en souffrir énormément. La série continue d'ailleurs de nous faire presque l'éloge de l'adultère puisqu'il est question de cela quasi à chaque épisode. Mais ce n'est pas dérangeant. Cela fait parti de l'époque que relate la série après tout. Il faut donc l'accepter. Au bureau, tout le monde travaille le dimanche et toujours pour la compagne d'American Airlines. J'aime cette continuité, cela permet une vraie plongée dans le récit. C'est aussi intéressant de voir que Sterling Cooper ne gagne pas toujours puisqu'ils perdent dans un premier temps la compagnie. Cela permet de voir quelque chose de différent, et c'est une bonne idée. Dans les intrigues plus annexes, j'aime voir Joan davantage impliqué dans la série. C'est elle la nouvelle secrétaire de Don en attendant de trouver une remplaçante à Lois. Et elle met du cœur à l'ouvrage, c'est qu'elle en a l'habitude. Par contre, en mode baby-sitter avec la fille des Draper, elle est nettement moins efficace. C'était d'ailleurs assez amusant de voir la fille de Don découvrir la boite et parler avec toute sorte de personne. Sa meilleure scène est sans doute celle avec Paul où elle prend sa petite amie pour la servante. Certaines paroles peuvent faire mal. Autre chose qui m'a fait rire, le look des personnages qui viennent travailler le dimanche matin. Comme le dit Cooper, c'est un peu tout et n'importe quoi dans cette boite. Le meilleur revient sans doute à Pete Campbell et son petit short de tennis. Mais en dehors de cela, le personnage est trop peu présent depuis ces deux derniers épisodes. Mais il faut de la place pour tout le monde. Et son tour viendra sans doute au prochain numéro.

Bilan : A nouveau un épisode touchant la perfection. Tout y est minutieusement travaillé, étudié dans les moindres détails. Impossible de dire du mal de quoi que ce soit. C'est sans doute cela la force de Mad men. Elle n'avance jamais à l'aveuglette. Elle connait parfaitement son sujet, ses personnages, les intrigues sont toujours travaillés et remarquablement écrites et les acteurs n'ont pas non plus à rougir de leurs formidables prestations. Cerise sur le gâteau, on profite toujours de l'époque que relate la série pour servir au mieux les intrigues et faire évoluer les personnages au fil des épisodes. C'est tout simplement la grande classe.

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