03.11.2009
Breaking bad - 1x01 Pilot (Series premiere)

Honnêtement, j'ai trainé les pieds pas mal de temps avant de voir ce fameux pilote de Breaking bad. Malgré toutes les louanges entendus ça et là depuis de nombreux mois, le pitch de base n'était pas spécialement excitant. C'est même tout le contraire. Sur le papier, Breaking bad pourrait faire penser à Weeds. Le sujet est un peu près le même. Sur le papier seulement. Car à l'écran, c'est tout autre chose. La série n'a rien de drôle, mis à part une petite pincée d'humour noir bien senti. On est dans une série très noire, sombre et mélancolique. L'histoire de ce premier épisode ? Walter White, professeur de chimie à l'université, apprend le jour de son 50ème anniversaire qu'il est atteint d'un cancer incurable. S'il a de la chance, il a encore deux ans à vivre. Avec cette révélation, il décide de profiter à fond de ses derniers instants mais aussi de faire le nécessaire pour que sa famille ne manque de rien quand il ne sera plus là. C'est ainsi que lui vient l'idée de la création d'un labo de méthamphétamine avec l'un de ses anciens étudiants devenu depuis un charmant dealer. Pas forcément excitant sur le papier, ça reste pourtant passionnant à voir en image. Le flash forward qui ouvre l'épisode est certes classique, mais très bien mis en scène. On plonge directement dans une ambiance particulière tout en sachant que Walt risque de faire les mauvais choix. Le retour en arrière quelques semaines plus tôt est aussi particulièrement intéressant car cela permet de comprendre pourquoi le personnage principal en est arrivé là. Un point de départ très solide pour une série qui a sans aucun doute beaucoup de choses à nous dire.
Dans le rôle principal, Bryan Cranston prend toute la place. Il est assez extraordinaire. Tout de suite attachant, même si c'est un homme plein de failles. On ne pense pas une seule seconde à son rôle dans Malcolm. C'est le grand écart. Ca tombe bien, je n'ai jamais accroché à cette série. Donc ce ne sera pas difficile d'éviter les comparaisons. Le reste du casting est principalement composé d'inconnus. Mais ils sont tous bons. Par exemple la famille White. Anna Gunn est excellente dans le rôle de la femme de Walt. On croit à leur couple et on comprend les sacrifices de Walter, sa femme étant enceinte. Un bébé va agrandir la famille et il doit penser à leur avenir. Ca m'a amusé de la voir obsédée par ses ventes sur Ebay. C'est l'un des seuls personnages qui apporte un peu d'humour dans la série. Ce n'est pas de refus pour ne pas avoir une ambiance trop pesante. Mais si ça ne me dérange pas spécialement pour tout dire. Aaron Paul semble aussi avoir une grande place dans la série. On sait encore peu de choses de Jesse Pinkman. On sait seulement qu'il est un ancien étudiant de Walt. Et tous les deux s'associent pour créer ce labo et ainsi se faire un maximum d'argent. Pour le moment, on a cependant un peu de mal à comprendre pourquoi Walt agit de cette façon. Certes, la famille ne vit pas dans le grand luxe. Mais ils sont loin d'être à la rue. Et il y a sans doute d'autres façons d'assurer ses arrières. On en saura davantage certainement au fil des épisodes. Et puis je doute que Walt ait réfléchi à toutes les options qui s'ouvrait à lui. Une seule certitude, le piège risque de se refermer totalement sur les deux partenaires. C'est déjà le cas dans ce premier épisode d'ailleurs.
On sent tout de suite le potentiel de cette série pour avoir un vrai drama avec des intrigues très fortes. On pourrait partir dans une surenchère, mais ce n'est pour le moment pas le cas. Et puis malgré le sujet, la série regorge de moments très humains. Comme Walt qui apprend le jour de son anniversaire qu'il est malade. Un cancer inopérable. A cet instant, tout s'arrête autour de lui. Son monde s'écroule et il ne sait plus quoi faire. C'est le déclic du personnage qui était jusqu'ici enfermé dans une vie certainement très routinière entre une femme dépensière et un fils handicapé. Il sera intéressant de voir jusqu'où Walt pourra aller pour sa famille. Il va déjà très loin dans ce pilote. Et cela ne semble être que le début de sa longue descente aux enfers. J'avais entendu à l'époque de la diffusion américaine que certains reprochait à cet épisode et à la série un manque de rythme. Ou plutôt une certaine lenteur dans les intrigues. Je n'ai absolument pas trouvé. Au contraire, on est tout de suite happé par le récit qui ne nous lâche pas une seule seconde. Le récit n'est certes pas survolté, mais c'est tout sauf ennuyeux. Après Mad men ou Carnivàle, je suis sans doute immunisé aussi.
Les aventures de Walt et Jesse les conduisent jusqu'à une caravane où ils comptent créer leur petit business qui devrait leur rapporter beaucoup d'argent. Jesse se pose beaucoup de questions sur les motivations de son ancien professeur à s'engager dans cette sombre histoire. C'est légitime, Walter n'ayant pas vraiment la tête de l'emploi. Toute la partie dans le désert est très prenante. Walter va déjà plus loin en tuant les deux junkies. C'était une scène impressionnante qui nous relie parfaitement la première scène de l'épisode. Walter s'en sort assez facilement cette fois, pour cette première expérience en eaux troubles. Mais j'imagine aisément que ce ne sera pas toujours le cas. Et puis il va falloir se débarrasser des corps aussi. Ce ne sera pas forcément une mince affaire pour Walt et Jesse. La première étape est réalisée pour Walt, il va néanmoins lui falloir du temps pour appréhender les risques de ce nouveau métier et ainsi savoir à qui il peut faire confiance ou pas. Ce nouveau business lui aura au moins permis de reprendre confiance en lui. Il était un cinquantenaire en crise jusque là. Et apprendre qu'il va mourir l'a réveillé d'une certaine façon. Il n'y a qu'à voir la scène finale assez drôle où il se lâche avec sa femme. On ne peut que commencer pleinement à vivre que lorsque l'on sait qu'on va bientôt mourir.
Plus généralement, Breaking bad ne caresse pas le public dans le sens du poil. C'est à nous de s'habituer à la série et non l'inverse. C'est au téléspectateur de s'accrocher. La noirceur de la série nous suit même jusque dans la réalisation oppressante. On plonge dans une ambiance noire, sale et triste. Et cela ne semble être que le début. Après Mad men, AMC frappe à nouveau un grand coup. Et ce n'est plus étonnant de savoir que la petite chaîne est en train de devenir une grande.
Bilan : Un premier épisode intelligent, puissant et particulièrement maitrisé de la première à la dernière seconde. On pose les bases d'un pitch pas forcément très engageant à première vue, mais qui pourrait se révéler être une bonne surprise. Les personnages sont intéressants, à défaut d'être réellement attachants. Mais ça viendra sans doute avec le temps. Le risque serait d'aller dans une certaine surenchère trash. Mais vu les bonnes critiques, j'ai assez confiance.
20:10 Ecrit par Ryan dans Breaking bad, Pilote | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : breaking bad, amc, bryan cranston, anna gunn, aaron paul, dean norris, vince gilligan






























