14.11.2009

Breaking bad - 1x02 The cat's in the bag...

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Le pilote de Breaking bad était captivant à plus d'un titre. Ce deuxième essai l'est encore davantage. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre en commençant cette série et finalement je vais de surprise en surprise car le récit est réellement captivant. Le rythme assez lent est pour moi l'un des points forts de la série car il permet d'installer une ambiance oppressante, glauque et c'est ce qui contribue à rendre la série assez particulière. Encore plus dans ce second épisode, on sent l'énorme potentiel de cette série. Si le pitch pouvait faire penser à Weeds à la base, cela n'a définitivement rien à voir. On est à des années lumières de Nancy Botwin et c'est tant mieux ! Cette série est d'ailleurs mieux écrite. Ce que j'ai le plus aimé dans cet épisode ? L'aspect huit clos qui est absolument fascinant. Mis à part les quelques scènes entre Walt et Skyler, excellentes néanmoins, on ne quitte pas la petite maison de Jesse où lui et Walter sont forcés de prendre certaines décisions. Le moins que l'on puisse dire est que la série commence déjà très fort. Walter s'est installé dans ce business sans véritablement penser aux conséquences de ses actes et maintenant il en paye le prix. Le premier épisode se terminait par la mort des deux rivaux de Walt et Jesse. Mais ce n'est pas tellement facile de dissimuler un corps, et encore plus lorsqu'un l'un de ceux-là, Krazy 8, est encore vivant. C'est le principal enjeu de cet épisode. Walter peut-il tuer un homme de ses propres mains et Jesse arrivera t-il à dissoudre un autre être humain dans de l'acide pour effacer toutes les traces de ce meurtre ?

Breaking bad n'est clairement pas la série que l'on regarde pour passer un moment paisible entre potes. C'est une série très sombre, glauque mais dense. On ne s'ennuie pas une seule seconde, car si le récit n'est pas survolté, on se sent concerné par le sort des personnages. Le casting a été très bien fait car les trois personnages principaux sont tous bons. Walt et Jesse bien entendu. Mais également, Skyler, la femme de Walter qui me plait aussi beaucoup. J'avais déjà peur que l'on en fasse une plante verte qui ne comprendrait rien à ce que fait son mari. Heureusement, ce n'est pas le cas car elle commence déjà à se poser des questions. Elle n'est pas dupe et n'accepte pas les mensonges de Walt. Elle n'est pas conne et j'aime ça. Ca la rend plus authentique et ça renforce également son couple avec Walter. La scène la plus forte est sans doute celle de l'échographie. Notamment quand le médecin parle du futur de l'enfant. Tout est dans le regard de Bryan Cranston qui nous transmet beaucoup d'émotions. Il sait qu'il ne sera pas présent pour voir grandir sa fille et ça le détruit. Skyler découvre assez rapidement que Walt et Jesse sont liés et elle ne se gêne pas pour poser la question franchement à son mari. J'aime cette franchise. Les réactions de Walt sont à mourir de rire. C'est d'ailleurs le seul moment léger de cet épisode. Le reste ne prête pas du tout à rire. Il lui dit simplement qu'il achète de la marijuana et qu'il a besoin qu'elle lui lâche les baskets. Ca m'a fait rire sur le moment. Skyler va aussi rendre une petite visite à Jesse pour l'empêcher de faire du mal à son mari. Si je me doutais qu'elle n'allait pas découvrir le cadavre d'Emilio, l'intrigue prend un tournant intéressant. Car forcément, maintenant Skyler sait où habite Jesse et il sera facile pour elle de remonter à la source de toutes les bizarreries que fait son mari.

Walter et Jesse sont justement face à un dilemme. On sent pourtant qu'ils n'ont plus le choix, qu'ils sont allés trop loin. Ils ne peuvent plus reculer. Tuer cet homme n'était pas un choix. La situation leur a totalement échappé. Ce ne sont pas des serial killers mais maintenant, ils doivent se débarrasser du corps. Bien malgré lui, c'est Jesse qui s'y colle. Dès que Walt commence à parler de la désintégration du corps d'Emilio dans de l'acide, j'en ai eu des frissons. Mais voir cela en images, c'est tout autre chose, car c'est impressionnant. J'aime beaucoup le personnage de Jesse car on le bouscule. Il est le prototype du jeune inconscient qui fait un peu n'importe quoi, avec en premier lieu son job de dealer. On le met face à ses responsabilités et il sera intéressant de voir s'il peut s'en sortir. Pour cela, il faudra qu'il apprenne à faire confiance à Walt et vice-versa. Il a fait une erreur avec la baignoire, mais comment aurait-il pû le savoir après tout. Ca reste pourtant la scène la plus dure de l'épisode, difficile à regarder. Rien ne nous est épargné quand une partie de la baignoire tombe ainsi que les restes du corps d'Emilio. Ses tripes, ses boyaux... Ca ne donne pas envie de manger tout de suite après. Je me demande comment ils vont se sortir de cette situation. Quelque chose me dit que les choses ne vont pas s'arranger. Que du contraire.

Walter lui doit tuer Krazy 8 et mais ce n'est pas si facile. En même temps, ils n'ont plus le choix. Il ne peut pas rester en vie de toute façon. Ce serait beaucoup trop dangereux pour eux deux. Il aurait presque été préférable qu'il meurt comme son cousin. La tâche aurait été plus simple pour Walter. On découvre véritablement Walt dans cet épisode où il est parfaitement exploité. Tuer un être humain est insurmontable pour lui. Il tente tout, mais ce n'est pas possible. On sent combien c'est un brave type au fond. Mais il a pris de très mauvaises décisions et en paye le prix fort. La scène où il essaie de se rouler un joint permet de mettre un peu de légèreté au milieu de tout ce chaos. Ce n'est pas plus mal. On reparle aussi de son beau-frère qui travaille à la DEA. C'est quand même assez facile, et on se doute bien qu'on entendra rapidement parler de lui. Autre choses, les flash forwards en début d'épisode me plaisent bien. On en voit de partout ces temps-ci. Mais c'était un peu moins la mode il y a deux ans. Et tout comme Damages, ils semblent apporter un réel complément au récit permet de faire la lumière sur certains évènements. Une intrigue puzzle en quelque sorte. Quand à l'état de Walter, il commence logiquement à se dégrader. On n'appuie pourtant pas trop sur la touche cancer pour le moment. Tout y est très subtil.

Bilan : Un très bon épisode qui complète à merveille le pilote. On est plongé dans une ambiance très noire, oppressante et on n'est pas là pour rigoler ! Les personnages s'ouvrent à nous, on commence à les découvrir et à s'attacher à eux même quand ils sont plongés dans les ennuis jusqu'au cou. Le potentiel dramatique de cette série s'annonce assez impressionnant. C'est très bien écrit, excellemment interprété, cynique. Pour le moment, c'est très réussi.

03.11.2009

Breaking bad - 1x01 Pilot (Series premiere)

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Honnêtement, j'ai trainé les pieds pas mal de temps avant de voir ce fameux pilote de Breaking bad. Malgré toutes les louanges entendus ça et là depuis de nombreux mois, le pitch de base n'était pas spécialement excitant. C'est même tout le contraire. Sur le papier, Breaking bad pourrait faire penser à Weeds. Le sujet est un peu près le même. Sur le papier seulement. Car à l'écran, c'est tout autre chose. La série n'a rien de drôle, mis à part une petite pincée d'humour noir bien senti. On est dans une série très noire, sombre et mélancolique. L'histoire de ce premier épisode ? Walter White, professeur de chimie à l'université, apprend le jour de son 50ème anniversaire qu'il est atteint d'un cancer incurable. S'il a de la chance, il a encore deux ans à vivre. Avec cette révélation, il décide de profiter à fond de ses derniers instants mais aussi de faire le nécessaire pour que sa famille ne manque de rien quand il ne sera plus là. C'est ainsi que lui vient l'idée de la création d'un labo de méthamphétamine avec l'un de ses anciens étudiants devenu depuis un charmant dealer. Pas forcément excitant sur le papier, ça reste pourtant passionnant à voir en image. Le flash forward qui ouvre l'épisode est certes classique, mais très bien mis en scène. On plonge directement dans une ambiance particulière tout en sachant que Walt risque de faire les mauvais choix. Le retour en arrière quelques semaines plus tôt est aussi particulièrement intéressant car cela permet de comprendre pourquoi le personnage principal en est arrivé là. Un point de départ très solide pour une série qui a sans aucun doute beaucoup de choses à nous dire.

Dans le rôle principal, Bryan Cranston prend toute la place. Il est assez extraordinaire. Tout de suite attachant, même si c'est un homme plein de failles. On ne pense pas une seule seconde à son rôle dans Malcolm. C'est le grand écart. Ca tombe bien, je n'ai jamais accroché à cette série. Donc ce ne sera pas difficile d'éviter les comparaisons. Le reste du casting est principalement composé d'inconnus. Mais ils sont tous bons. Par exemple la famille White. Anna Gunn est excellente dans le rôle de la femme de Walt. On croit à leur couple et on comprend les sacrifices de Walter, sa femme étant enceinte. Un bébé va agrandir la famille et il doit penser à leur avenir. Ca m'a amusé de la voir obsédée par ses ventes sur Ebay. C'est l'un des seuls personnages qui apporte un peu d'humour dans la série. Ce n'est pas de refus pour ne pas avoir une ambiance trop pesante. Mais si ça ne me dérange pas spécialement pour tout dire. Aaron Paul semble aussi avoir une grande place dans la série. On sait encore peu de choses de Jesse Pinkman. On sait seulement qu'il est un ancien étudiant de Walt. Et tous les deux s'associent pour créer ce labo et ainsi se faire un maximum d'argent. Pour le moment, on a cependant un peu de mal à comprendre pourquoi Walt agit de cette façon. Certes, la famille ne vit pas dans le grand luxe. Mais ils sont loin d'être à la rue. Et il y a sans doute d'autres façons d'assurer ses arrières. On en saura davantage certainement au fil des épisodes. Et puis je doute que Walt ait réfléchi à toutes les options qui s'ouvrait à lui. Une seule certitude, le piège risque de se refermer totalement sur les deux partenaires. C'est déjà le cas dans ce premier épisode d'ailleurs.

On sent tout de suite le potentiel de cette série pour avoir un vrai drama avec des intrigues très fortes. On pourrait partir dans une surenchère, mais ce n'est pour le moment pas le cas. Et puis malgré le sujet, la série regorge de moments très humains. Comme Walt qui apprend le jour de son anniversaire qu'il est malade. Un cancer inopérable. A cet instant, tout s'arrête autour de lui. Son monde s'écroule et il ne sait plus quoi faire. C'est le déclic du personnage qui était jusqu'ici enfermé dans une vie certainement très routinière entre une femme dépensière et un fils handicapé. Il sera intéressant de voir jusqu'où Walt pourra aller pour sa famille. Il va déjà très loin dans ce pilote. Et cela ne semble être que le début de sa longue descente aux enfers. J'avais entendu à l'époque de la diffusion américaine que certains reprochait à cet épisode et à la série un manque de rythme. Ou plutôt une certaine lenteur dans les intrigues. Je n'ai absolument pas trouvé. Au contraire, on est tout de suite happé par le récit qui ne nous lâche pas une seule seconde. Le récit n'est certes pas survolté, mais c'est tout sauf ennuyeux. Après Mad men ou Carnivàle, je suis sans doute immunisé aussi.

Les aventures de Walt et Jesse les conduisent jusqu'à une caravane où ils comptent créer leur petit business qui devrait leur rapporter beaucoup d'argent. Jesse se pose beaucoup de questions sur les motivations de son ancien professeur à s'engager dans cette sombre histoire. C'est légitime, Walter n'ayant pas vraiment la tête de l'emploi. Toute la partie dans le désert est très prenante. Walter va déjà plus loin en tuant les deux junkies. C'était une scène impressionnante qui nous relie parfaitement la première scène de l'épisode. Walter s'en sort assez facilement cette fois, pour cette première expérience en eaux troubles. Mais j'imagine aisément que ce ne sera pas toujours le cas. Et puis il va falloir se débarrasser des corps aussi. Ce ne sera pas forcément une mince affaire pour Walt et Jesse. La première étape est réalisée pour Walt, il va néanmoins lui falloir du temps pour appréhender les risques de ce nouveau métier et ainsi savoir à qui il peut faire confiance ou pas. Ce nouveau business lui aura au moins permis de reprendre confiance en lui. Il était un cinquantenaire en crise jusque là. Et apprendre qu'il va mourir l'a réveillé d'une certaine façon. Il n'y a qu'à voir la scène finale assez drôle où il se lâche avec sa femme. On ne peut que commencer pleinement à vivre que lorsque l'on sait qu'on va bientôt mourir.

Plus généralement, Breaking bad ne caresse pas le public dans le sens du poil. C'est à nous de s'habituer à la série et non l'inverse. C'est au téléspectateur de s'accrocher. La noirceur de la série nous suit même jusque dans la réalisation oppressante. On plonge dans une ambiance noire, sale et triste. Et cela ne semble être que le début. Après Mad men, AMC frappe à nouveau un grand coup. Et ce n'est plus étonnant de savoir que la petite chaîne est en train de devenir une grande.

Bilan : Un premier épisode intelligent, puissant et particulièrement maitrisé de la première à la dernière seconde. On pose les bases d'un pitch pas forcément très engageant à première vue, mais qui pourrait se révéler être une bonne surprise. Les personnages sont intéressants, à défaut d'être réellement attachants. Mais ça viendra sans doute avec le temps. Le risque serait d'aller dans une certaine surenchère trash. Mais vu les bonnes critiques, j'ai assez confiance.