04.11.2009
Carnivàle - 1x10 Coup de chaud et de sang

Carnivàle est une bien étrange série. On ne comprend pas toujours, et même souvent, ce que l'on voit à l'écran. Mais la série est pourtant incroyablement passionnante. Tout en ne racontant pas grand chose et en ayant un rythme assez lent. Ca empire même avec cet épisode qui, bien que passionnant, installe des mystères auxquels on ne comprend absolument rien. Je reste pourtant persuadé que la série d'HBO nous offrira des révélations lors des deux derniers épisodes. Il faudra juste que celles-ci soient à la hauteur. Ce dont je ne doute pas une seule seconde. On a tout d'abord le jeune Ben qui continue de faire des cauchemars. Nick Stahl est formidable car on le sent habité de toute part par son personnage de jeune paumé. Il ne dort plus pour éviter de faire ses sombres cauchemars. Mais au bout d'un moment, il y sera forcément obligé. Son intrigue avec Samson n'est pas ce qu'il y a de plus passionnant. On avance tout doucement concernant la recherche de Scudder. C'est relativement ennuyeux. Même si le puzzle commence à s'emboiter. Je pense qu'on finira par en savoir davantage lors du final. On ne peut plus reculer maintenant de toute façon. Les petits à côtés sont par contre très intéressants.
Ruthie se rapproche sensiblement du jeune Hawkins. Cela depuis quelques épisodes déjà. Je n'aurai pourtant pas cru les voir coucher ensemble. Du moins pas tout de suite. Ben est pleins de surprises, car il met tous ses principes au placard. Faire l'amour avec la danseuse de serpents lui permet cependant de faire une bonne sieste. Cela pour faire un autre cauchemar réellement effrayant. Il voit continuellement Scudder tenté de le tuer. C'est réellement angoissant et superbement mis en scène. On se pose beaucoup de questions. Tout comme Ben. Lodz en profite bien évidemment pour entrer dans la roulotte de Ruthie afin de lire dans l'esprit d'Hawkins. Ce type est une vraie vermine et ses manipulations multiples pourraient être au centre de la fin de saison. Il continue de comploter avec la management dans le dos de Samson mais je me dis qu'il ne s'en sortira pas aussi facilement. Du moins je l'espère. Et puis Ruthie est encore là pour protéger Ben. Je me demande comment leur relation va pouvoir évoluer maintenant qu'ils ont consommés leur attirance. Je ne les imagine pas du tout en couple cela dit. Ca m'étonnerai fort qu'on en arrive là. La fin est aussi particulièrement angoissante avec Lodz et le management qui orchestrent le futur de Ben. Ils n'ont pas de pures intentions pour le jeune garçon. On s'en doutait, mais c'est confirmé. Tout cela se finira dans la sang, c'est certain.
Un peu plus de légèreté avec Jonesy et Rita Sue. Ils continuent leur liaison en toute insouscience. Et on ne peut pas vraiment dire qu'ils soient très discrets. Car la fille de Rita Sue les surprend très vite. Pour le moment, il n'y a pas de répercussions mais ça ne va pas durer. Jonesy joue avec le feu. Ca donne une toute autre dimension au personnage. D'un autre côté, le responsable n'est autre que Stumpy qui a tout de même poussé son meilleur ami à coucher avec sa femme. Ca partait presque d'une bonne intention, mais il s'est créée lui-même cette situation difficile. Rien ne va plus dans leur couple d'ailleurs. Rita Sue ne veut plus coucher avec son mari, prétextant qu'elle est fatiguée de sa journée de travail. Forcément, lorsqu'on la connait, ça semble tout de suite suspect. Stumpy ne se pose pas trop de questions pour le moment sur la fidélité de sa femme. Mais réalise qu'il n'est plus heureux dans son couple. Et cela n'a finalement rien à voir avec la mort de leur fille. La vie de couple, c'est difficile. Il y a des hauts et des bas. C'est sans doute pour cela qu'il couche avec cette inconnue. Pour se changer les idées et se sentir important au moins une nuit. Ca ne semble pourtant pas être une simple aventure d'un soir, puisqu'il l'invite à rejoindre la troupe en tant que danseuse. Elle devrait donc travailler aux côtés de Rita Sue. Cela s'appelle jouer dangereusement avec le feu. C'est très soap comme intrigue, mais ça me plait assez.
Sofie est aussi mélangée à ce trio infernal. Elle se rapproche de Jonesy et envisage même une histoire avec lui. Il joue également avec le jeu, car Sofie est une jeune fille fragile mais aussi parfois très imprévisible. S'il recule au tout dernier moment, c'est sans doute pour éviter qu'elle souffre. Si elle lui fait totalement confiance et qu'elle apprend la vérité, elle pourrait terriblement souffrir. Et il a raison de vouloir lui éviter cela. Sofie a pourtant grandi et n'est plus une petite fille maintenant. Il devra s'y faire. Le plus intéressant concerne finalement la relation entre Sofie et sa mère. Une relation limite fusionnel existe entre elles. Sofie n'en peut plus de l'emprise qu'exerce sa mère sur elle. Elle a besoin d'indépendance et surtout de ne plus entendre continuellement ces pensées dans sa tête. Ca doit être insupportable pour elle. La scène avec la jeune femme voulant connaître son avenir est la plus perturbante montrant à quel point Appolonia a une grande emprise sur sa fille. On relance cette intrigue et le final pourrait bouleverser à nouveau bien des choses.
Justin est très peu présent dans cet épisode. Mais sa présence est évidemment non négligeable. Il est de retour aux côtés d'Iris mais il a changé. Il n'est plus vraiment le même homme qu'elle a toujours connu. Ca se voit dans ses yeux. Ils sont vraiment inquiétants tous les deux, car ils sont imprévisibles. Iris a tout d'abord peur de son frère, avant de se rallier à sa cause lors de la grande scène de l'église. Dolan reste également en ville, certainement intrigué par les curieux agissements du père Crowe. La scène finale, en tout point parfaite, relance complètement le personnage de Justin. Il prend une ampleur considérable et son serment est superbement écrit. Clancy Brown est formidable, incroyablement charismatique. Le baptême est tout un symbole. C'est un cap passé par le personnage. La fin de saison risque d'être pleine de surprises.
Bilan : Un épisode particulièrement sombre qui sert de mise en place aux derniers épisodes de la saison. Le récit est toujours aussi intense et passionnant. Le seul problème est que l'on ne comprend pas toujours ce que l'on voit à l'écran. Mais est-ce vraiment un problème ? La série possède une véritable aura mystérieuse qu'elle arrive a parfaitement utilisé au fil des épisodes. Toutes les séries n'ont pas cette chance.
20:06 Ecrit par Ryan dans Carnivàle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carnivàle, hbo, nick stahl, clancy brown, clea duvall, michael j. anderson, robert kneeper
24.09.2009
Carnivàle - 1x09 Insomnie

Carnivàle fait partie de ces séries tellement riches, tellement minutieusement maitrisés qu'il est très difficile d'en parler. C'est une série très complexe, sombre où l'on obtient peu de réponses. Celles-ci sont distillés au compte goutte, mais on ne se sent pas pour autant volés. La mythologie ne s'éclaircit par vraiment, mais on sent que la fin de saison offrira quelques réponses. Tout du moins si on a de la chance. L'épisode s'ouvre et se ferme sur Ben Hawkins. Il se force à ne pas dormir pour ne plus être plongé dans d'horribles cauchemars. En faisant cela, il met sa propre santé en danger. Ben fait peine à voir, car il est au bout du rouleau. Physiquement mais aussi psychologiquement. L'interprétation de Nick Stahl est particulièrement convaincante. Il est super crédible dans son rôle du jeune garçon épuisé et à fleur de peau. Il est finalement question de manipulation, car outre ses visions troublantes, Ben est aussi traqué par Lodz qui continue d'exercer une sorte d'emprise sur lui. Il est toujours là à le surveiller. J'aimerai en savoir plus sur lui et Lila. Ils savent beaucoup de choses sur Ben, et sans doute plus que lui-même. Cela dit, on n'est pas encore prêt à obtenir des réponses tant que Ben ne le voudra pas. Il se cache des autres, reste seul. La fin de saison sera sans doute importante pour lui. Il faudra qu'il prenne confiance en lui et qu'il accepte son don. C'est dans la logique de la série. Le phénomène d'identification concernant Ben est en tout cas très fort. Il est au centre de la série, et comme lui on est troublé par cet étrange environnement.
La relation entre Ben et Ruthie, la danseuse de serpents prend aussi un nouveau tournant. J'avais repéré depuis longtemps l'attirance de Ruthie pour ce dernier, sans pour autant y prêter une grande attention. Le jeune Ben semble troublé en la présence de cette femme mûre, et même si l'envie est présent, il préfère s'en aller le moment venu. Ne pas craquer à cette tentation. On le sait, Ben est très sensible, réservé et il a des valeurs. Cela contraste bien avec les autres personnages de la série qui n'ont pas vraiment de limites et qui s'abandonnent plus que volontiers aux plaisirs de la chair. Cette histoire ne présente pas forcément énormément d'intérêt à première vue. Mais on s'en servira peut-être plus tard. Et Ruthie est un personnage fort sympathique, qu'on connait assez peu pour le moment. Au niveau de l'histoire de Ben , c'est avec Samson que l'on obtient le plus de réponses. La femme de la photo est donc bien la mère de Ben. Celle-ci a été abandonnée par Henri Scudder. Et c'est désormais celui-ci que l'on doit rechercher à tout prix. On peut quand même se poser des questions. Samson, Lodz et le management s'intéresse beaucoup à Ben. Étrange pour un garçon à priori sans histoire. Mais il n'est pas comme les autres. Et Samson le dit lui-même. Ben n'a pas été recruté par hasard. Sous les ordres du grand patron semble t-il dire. On le savait depuis longtemps, mais c'est bien de mettre les choses au clair à ce niveau. La rivalité entre Lodz et Samson franchit une nouvelle étape. Ils sont clairement rivaux. Le grand patron commence à faire des préférences entre les deux hommes. Lodz est de plus en plus mis dans la confidences des sombres projets du management. Cela ne plait évidemment pas à Samson, et les retombées seront sans doute importantes. Cela dit, on ne sait pas du tout ce qu'ils préparent tous les deux. On ne sait même pas ce que Lodz ou le management souhaite pour Ben. J'imagine qu'ils ne sont pas pétries de bonnes intentions à son égard.
On se détourne du surnaturel pour le soap avec la famille Dreyffus. Ca ne me déplait pas. Au contraire, c'est très rafraichissant. L'histoire de Rita Sue et Felix est assez triste. Ils souffrent tous les deux à leur manière d'avoir perdu Dora et ne savent pas comment gérer leur deuil. Une seule chose est certaine, il leur faudra du temps. Felix ne supporte plus de se trouver en présence de sa femme. Cela lui rappelle sans doute trop ce qu'il a perdu. Quand à Rita Sue, elle préfère coucher avec Jonesy pour oublier le vide sidéral de son existence. Leur liaison me surprend assez. Mais d'une façon assez positive. Ca nous ouvre de toutes nouvelles perspectives, et leur dynamique fonctionne on ne peut mieux. Par contre, Felix risque de ne pas bien prendre la chose quand il va apprendre la vérité. Cela dit, c'est lui qui a poussé son ami dans les bras de sa propre femme. Il ne pourra s'en prendre qu'à lui malheureusement. La série prend un tournant très soap avec ces différents personnages. Mais ça ne me dérange pas finalement. Je pense que l'on peut sortir de bonnes choses de cette histoire.
Sofie est mise en roue libre durant tout l'épisode. Sa remise en question par rapport à Jonesy est un peu too much. Tout d'un coup, elle veut lui laisser une nouvelle chance. Évidemment pile au moment où celui-ci commence à fricoter avec une autre. Ca ne m'inspire guère. Je préfère la petite avancée avec sa mère. C'est bien plus passionnant. On apprend que le père de Sofie est en réalité le violeur de sa mère. Je n'ai pas tout de suite compris la signification de l'hallucination de Sofie au début. Et finalement, c'est très très bien pensé. Ca doit être vraiment atroce pour cette pauvre Sofie de voir la nuit de sa conception. Comprendre qu'elle a été créée à partir d'un viol, ça va sans doute remettre beaucoup de choses en question pour elle. Appolonia est toujours aussi angoissante. Elle a toujours un regard très profond, notamment quand elle fixe Sofie durant cette scène de rêve. J'en ai encore des sueurs froides rien que d'y penser.
Justin est très peu présent, mais ces quelques apparitions sont inquiétantes et mystérieuses. On termine avec le chapitre de l'asile. Ses intentions sont toujours très ambiguës et c'est ce qui rend le personnage fascinant. Il est très complexe. Néanmoins, ses manipulations à l'intérieur de l'hôpital sont assez dangereuses, et libéré, qui sait de quoi il pourrait être capable. Je doute qu'il revienne tout de suite vers Iris. Il est évident que le personnage de Justin, à l'instar de Ben, va passer un cap très important en fin de saison. Reste plus qu'à savoir jusqu'où le personnage peut aller désormais. Iris de son côté est toujours courtisé par Dolan. Il en devient imprévisible, et donc particulièrement dangereux. Robert Kneeper est impressionnant, très charismatique. Loin des dernières saisons de Prison Break où il devenait la caricature de lui-même.
Bilan : Un épisode très important pour Carnivàle car il se passe beaucoup de choses. Sans doute capitales pour la suite. Ben passe un cap important, tout comme Justin. La mythologie est toujours aussi passionnante, même si parfois difficile à appréhender tellement la série privilégie le mystère. Les intrigues annexes sont plus classiques, mais malgré tout de qualité. Toujours un plaisir de suivre cette bien étrange série.
20:00 Ecrit par Ryan dans Carnivàle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carnivàle, hbo, nick stahl, clancy brown, clea duvall, michael j. anderson, robert kneeper
23.08.2009
Carnivàle - 1x08 A la recherche de Gunderson

Difficile d'analyser un tel épisode, car fondamentalement, il ne s'y passe pas grand chose. Mais comme souvent avec cette série, tout se trouve dans les petites détails. Les personnages étranges et difficiles à cerner, la réalisation absolument éblouissante et les (très) nombreuses questions que l'on se pose. Ca pourrait être chiant à mourir, mais au contraire je trouve cette série passionnante et terriblement atypique. On ne comprend pas grand chose, mais on ne ressent pas vraiment de frustration. On a comme le sentiment qu'il y a une véritable maitrise scénaristique derrière le récit. Un jour, nous aurons peut-être des réponses, mais pour le moment tout se met en place. L'atmosphère reste sombre et particulièrement dans les rêves de Ben. Ceux-ci sont très durs, violents et laisse envisager un avenir apocalyptique pour notre jeune héros. La bataille entre le bien et le mal symbolisé par Ben et Justin prend de plus en plus de sens. Et comme l'on arrive en fin de saison, les enjeux devraient s'accentuer encore davantage.
Du côté de Justin justement, on suit le personnage dans un centre psychiatrique. Des scènes à la fois très intenses et dérangeantes. La réalisation est une nouvelle parfaite, et retranscrit parfaitement l'aspect des asiles à cette époque. Justin est plus troublant que jamais, car il reste la maitre du jeu même s'il est assez difficile de savoir ce qu'il ressent. Tout en prenant le contrôle sur son médecin, il reste impassible. Je suis d'ailleurs très impressionné par Clancy Brown. C'est un acteur fantastique. Il a un magnétisme incroyable dans le regard. Il nous fusil d'un simple regard, et c'est très angoissant. Tout l'entretien dans la chambre de Justin est fascinant, et sa situation se clarifie peu à peu. On apprend aussi que Dolan continue de le rechercher activement et parle une nouvelle fois de lui à la radio. Même s'il on ne le voit pas dans cet épisode, tout comme Iris, c'est un personnage qui m'intrigue énormément. De toute évidence, il aura un rôle important à jouer dans toute cette sombre histoire.
Pendant ce temps, Ben se voit confier une sombre mission par Samson. Retrouver l'homme crabe ou la femme homard. Une intrigue assez troublante, dont on ne voit pas forcément la finalité. Sinon, nous montrer une nouvelle fois toute la misère de ce milieu dans lequel évolue Ben. Il commence à se poser des questions, et à mon avis, il devrait être un peu plus prudent. On passe tout l'épisode à suivre son périple pour retrouver cette énigmatique personne. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus intéressant, mais ça et là, on a quelques petites détails qui compteront sans doute pour la suite de la série. Comme par exemple ce mendiant qui reconnaît Ben sur une photo certifiant qu'il est activement recherché par la police pour meurtre. Il a beau avoir reçu de l'aide de la part de Ben, je ne serai pas étonné de le voir tout raconter à la police et ainsi plonger Hawkins dans les ennuis une nouvelle fois. Surtout s'il y a une importante récompense à la clé. C'est à voir pour la suite. Il y a aussi cette bague que Ben vole à l'un des amis forrains de Samson. C'est assez énigmatique, mais pour le moment, on ne sait rien de plus. De toute évidence, Samson cache aussi certaines choses à son petit protégé, et on a vite la confirmation que le management existe vraiment. C'est cette fois Lodz qui est à son tour en grande « conversation » avec le grand patron. J'aime beaucoup cette partie de l'intrigue, ce patron derrière son rideau. Ils donnent des ordres et semble au courant de tout, y compris des pouvoirs de Ben. Ils ont sans aucun doute de sombres projets pour Hawkins. C'est passionnant et extrêmement troublant.
Si Libby et Sofie ne partiront vraisemblablement jamais faire une grande carrière à Hollywood, leur intrigue gagne en intensité avec cet épisode. Sofie ne sait plus vraiment où elle en est, et tente d'échapper à tout prix au contrôle de sa mère. Parlant de celle-ci, c'est aussi un personnage très troublant. Elle ne bouge pas, ne parle pas. Mais quand elle nous regarde, on est envahi par le frisson. C'est toute la force de la série. Arriver à nous inquiéter avec de petits détails. Sofie décide donc de danser pour Rita Sue, et si je comprend son geste, je n'ai pas été étonné de la voir se faire attaquer et devoir renoncer à ce nouveau travail. Elle n'est visiblement pas faite pour cela. Mais ça va peut-être la rapprocher de Jonesy et lui faire ainsi réaliser certaines choses. Il serait temps qu'elle ouvre les yeux à son sujet. Du côté de la famille des danseuses, on sent que la mort de Dora n'est que le sommet de l'iceberg et que rien n'est oublié pour eux. Ils doivent vivre avec cette disparition, mais ce n'est pas facile d'oublier. Felix lui tente d'oublier ce drame en repoussant les avances de sa femme et en la jetant dans les bras de son ami, Jonesy. C'est une situation très intéressante, mais également assez malsaine. Assez dérangeant tout de même d'aller coucher avec la femme de son ami sous ses conseils, même si c'est une fille de joie. Malgré le contexte de la scène, celle-ci est très émouvante lorsque Jonesy s'ouvre enfin à Rita Sue laissant apparaître la blessure de sa jambe. Sous ses apparences de gros dur, Jonesy serait donc un grand sensible et un angoissé d'après ce qu'il nous montre dans cet épisode. Cela me rapproche un peu plus de Jonesy qui gagne en sympathie dans cet épisode. C'est drôle de le voir avec Rita Sue, mais cela peut nous donner des situations intéressantes par la suite.
Bilan : Carnivàle est une série envoutante. Je ne saurai vraiment l'expliquer, mais la série arrive à être vraiment passionnante tout en ne racontant pas grand chose. Finalement, Carni est une série d'ambiance, tout en comportant une mythologie impressionnante. Les enjeux de la fin de saison se dessinent clairement. Reste plus qu'à les exploiter maintenant.
18:30 Ecrit par Ryan dans Carnivàle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carnivàle, nick stahl, clancy brown, clea duvall, michael j. anderson, hbo
15.07.2009
Carnivàle - 1x07 Plongeon infernal

Petite baisse de régime avec cet épisode. La faute à des intrigues annexes pas toujours très intéressantes. Mais le principal est que l'on continue de se poser des questions. J'ai même l'impression d'être complètement perdu à certains moment du récit, et c'est clairement voulu. Par exemple avec brother Justin. Les scénaristes ne nous prennent pas par la main, on ne comprend pas toujours ce que l'on voit à l'écran. Mais c'est à nous de remettre les pièces dans le bon ordre. Ce n'est pas toujours évident car Carni est une série très imprévisible, et c'est cela qui fait sa force selon moi. Elle peut partir dans n'importe quelle direction et c'est assez génial. Justin semble donc perdu et on nage un peu entre rêve et réalité. L'ensemble reste assez nébuleux et particulièrement angoissant. De cette scène troublante où il se jette du haut d'un pont devant une horde de policiers à cette séquence formidable où il est face à deux enfants russes traumatisés et le pensant responsable de la mort de leurs parents. Durant tout l'épisode, on est un peu dans le brouillard. On se pose des questions, tout en n'ayant pas vraiment de réponses. Mais on sent aussi que l'intrigue des Crowe commence à prendre un virage plus sombre et la descente aux enfers de Justin commence à être vertigineuse. Tommy Dolan est aussi une belle trouvaille, puisqu'il apporte beaucoup aux personnages de Justin et Iris. Un nouveau personnage très mystérieux. Robert Kneeper est tout simplement excellent dans ce rôle complexe et particulièrement ambigu. Pour une fois, il n'en fait pas des tonnes et il a un réel charisme à l'écran. On commence à cerner son personnage de journaliste machiavélique et son duo avec Iris fonctionne déjà très bien. Sans doute car elle n'est pas une oie blanche non plus. Loin de là. C'est d'ailleurs commun à tous les personnages de cette série. Tous sont ambigüs et loin d'être lisses. Le petit jeu de Dolan est presque passionnant à voir en images, tant on sent la force de manipulation du personnage pour avoir ce qu'il veut. Et il y a cette scène troublante où Iris raconte cette histoire à propos des deux enfants. C'est cette scène précisément qui permet de faire les liens entre toutes les scènes et ainsi on est un peu moins perdu. Et l'ultime scène de Justin est également très intrigante et donne inévitablement envie de voir la suite de leur histoire.
Du côté des forains, on a deux intrigues bien distinctes. Les Dreifuss d'un côté et Ben de l'autre. Commençons peut-être par ce dernier, car à l'image de Justin, on progresse un peu dans l'acceptation de son pouvoir. Même si cela manque parfois un peu de surprises en ce qui le concerne. On s'attarde un peu plus sur la relation entre le jeune Ben et Ruthie, la danseuse de serpents. Sans doute l'un des seuls personnages de la série à être un peu près normal. Mais à côté de cela, elle semble avoir une sexualité débridée d'après ce que comprend Ben. Cela a le don de le mettre dans tous ses états. J'avoue que je ne comprend pas vraiment sa réaction. Il se sent trahie lorsqu'il comprend que Ruthie a couché avec Scudder après que celui-ci l'ait sauvé d'une piqure de serpent. Il nous cache encore sans doute pas mal de choses. Mais on peut lier son malaise aux sentiments qu'il semble éprouver pour cette femme. Mais comme le montre très bien cette scène dans le champ, il se refuse aux plaisirs de la chair. Et repousse même Ruthie quand celle-ci veut le toucher. Bref, il y a encore beaucoup de choses à apprendre sur le personnage. Dans sa crise de colère, il se bat avec Gabe, le fils attardé de Ruthie. Ce dernier se casse le bras dans cette petite dispute. Facile alors d'imaginer la suite. Cela dit, cela fait avancer l'intrigue et le personnage de Ben, donc je n'ai rien à y redire. Ben l'emmène à l'écart des autres pour le guérir. La scène de la rivière est fantastique, presque poétique et esthétiquement c'est vraiment le top. On peut percevoir à nouveau toute la puissance de ce pouvoir qui peut être une réelle malédiction pour le jeune Ben. La mort de tous les poissons dans la rivière est tout au symbole démontrant bien tout le mal qu'il peut faire en acceptant ce don. Néanmoins malgré tous ces risques, Ben n'a plus vraiment le choix désormais et je reste convaincu que la saison 1 consistera à l'acceptation du pouvoir de Ben et que la saison 2 approfondira davantage l'ensemble et surtout la lutte entre Ben et Justin. On verra si j'ai raison. Dans tous les cas, Lodz et Lila continuent de veiller au grain. Et c'est toujours difficile de voir quels sont leurs plans à tous les deux. Tout du moins ceux de Lodz car Lila semble obéir à son homme, et je ne suis pas certain qu'elle sache toute la vérité à propos de Ben. Lila découvre que Ben a redonné l'usage de son bras à Gabe et en informe directement Lodz qui la frappe après cette découverte. Une réaction violente et troublante qui donne envie d'en savoir plus.
On continue de s'intéresser à la famille Dreifuss ce qui est une bonne idée. Bien que le résultat soit pour le moment loin d'être passionnant. Ils sont toujours en période de deuil, mais Rita Sue ne prend pas le temps de s'arrêter pour pleurer. Au contraire, elle remonte sur scène alors que sa fille est à peine enterré. Cela ne la rend pas détestable pour autant, car l'on sent qu'elle souffre et pour elle, c'est comme une manière de recommencer à vivre. La malaise est néanmoins très palpable. On peut aussi comprendre Felix qui n'arrive pas à se remettre de la mort de Dora et qui envisage de quitter la troupe avec Libby. Celle-ci y voit l'occasion de réaliser son rêve de toujours, devenir actrice et faire une brillante carrière à Hollywood. Un idée un peu utopique, mais n'oublions pas que nous sommes dans les années 30 et que le rêve américain et là chez toutes les jeunes filles. Ils ont tous les deux besoin de tourner la page. Dans le même ordre d'idée, Libby se rapproche de Sofie et celle-ci commence à se laisser séduire par sa nouvelle amie. Dire qu'il y a plus qu'une simple amitié entre les deux amies, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas encore. Mais Sofie envisage de partir avec les Dreifuss et de quitter cette vie misérable et donc sa mère. Pour elle aussi, on sent que c'est une nécessité de partir très loin, pour recommencer à vivre. Mais l'on sait que tout n'ira pas bien. Comme dans cette scène troublante où Sofie tire les cartes à Libby et semble y voir une gros malheur s'abattre sur la famille une nouvelle fois. De toute façon, la question ne se posera pas puisque Felix ne peut se résoudre à partir et à abandonner Rita Sue. Ils resteront dans la troupe malgré tous leurs projets. On n'avance pas vraiment il faut l'avouer, même si l'épisode a le mérite de mettre en avant ces personnages là. Ce n'est sans doute pas pour rien. On verra cela par la suite.
Bilan : Un épisode un peu en-dessous de la moyenne de la série. En partie dû aux longueurs présentes dans l'intrigue des forains qui n'est pas toujours très passionnante. Dommage car toute la partie sur Justin est captivante, même si l'on ne comprend pas toujours ce que l'on a devant les yeux.
12:30 Ecrit par Ryan dans Carnivàle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carnivàle, nick stahl, clancy brown, clea duvall, michael j. anderson, amy madigan, robert kneeper
14.06.2009
Carnivàle - 1x06 Choisis un chiffre
Carnivàle continue sur son excellente lancée. Pour le moment, les réponses ne sont pas encore au rendez-vous, mais cela n'empêche pas les très bons épisodes de se succéder. Et même si l'ensemble reste parfois un peu nébuleux, on n'a jamais l'impression de se faire voler. Le récit est toujours parfaitement maitrisé et encore plus que d'habitude très dense entre Ben et Justin. Le tout est de savoir à quel moment le récit va basculer entre les deux personnages. Seul point faible, le petit passage dans la mine avec Ben Hawkins où l'on ne comprend pas grand chose. Et quand je dis pas grand chose, c'est en fait rien du tout. Le jeune Ben semble avoir des visions apocalyptiques, très sombres et violentes de la guerre. Cela reste assez nébuleux, perturbant, angoissant et l'on ne sait pas vraiment à quoi s'attendre. Ben est peu comme nous, car perturbé, il préfère ne plus y penser et quitte vite la mine pour retrouver les forains. En tout cas, Lodz est toujours là dans l'ombre à suivre Ben à la trace, et comme la plupart des personnages de cette série, il est envoutant car l'on ne sait vraiment pas son but. C'est aussi là toute la richesse de Carni. On ne comprend pas forcément toujours ce que l'on a devant nos yeux, mais le récit est construit d'une telle manière que l'on ne se sent jamais complètement frustré ou perdu. Un jour ou l'autre, on en apprendra davantage. Car malgré les mystères qui commencent à s'accumuler, on sent un récit pensé dans les moindres détails. Une fois Ben rentré parmi les forains, on le voit à peine de l'épisode. C'était assez perturbant, car le personnage de Nick Stahl est souvent au premier plan, et il est davantage effacé dans cet épisode. Comme nous, il assiste aux traditions des forains, les voit faire et ne comprend pas toujours tout. J'ai tout d'abord pensé qu'il allait réanimer Dora, mais finalement non. Comme quoi, Carnivàle n'est pas une série comme les autres et prend intelligemment le spectateur à contre pieds. Tout le monde s'attend à ce qu'il la ramène à la vie, et l'occasion ne se prête jamais. De toute façon, cela n'aurait peut-être pas été très intéressant et cela aurait surtout remis toute la structure de cet épisode très sombre en question. C'est sans doute mieux ainsi.
La grande majorité de l'épisode concerne donc les funérailles de Dora tué affreusement après son numéro de striptease. Une mort particulièrement atroce et qui a le don d'interpeller tous les forains. Tout le monde est sous le choc et réagit à sa manière. Principalement la famille de Dora qui réclame vengeance. Et pas n"importe quelle vengeance. On assiste à ce qu'on appelle la justice des forains. Ainsi quelqu'un doit payer pour cet horrible crime. Et tout le monde se dirige de nouveau vers Babylone, cette ville décidément très étrange afin de trouver un homme et le faire payer pour ce crime. Comme le dit Ben, on ne pas vraiment qui est le véritable coupable et cela n'a finalement pas grande importance. La manière de faire des forains et plus spécialement de Samson est inquiétante, perturbante mais cela leur correspond bien. La longue scène du procès est en tout point fabuleuse. On ressent énormément de tension, de pression et à chaque minute, chaque seconde on a le sentiment que Samson va appuyer sur la détente pour tuer cet homme, qui avoue même son crime. Samson prend d'ailleurs une ampleur considérable avec cet épisode. Il était déjà un excellent personnage jusque là, mais il y a désormais quelque chose en plus. Malgré tout, il est le seul à rester un tant soit peu rationnel dans un premier temps. Il respecte leurs lois, et leur façon de se faire justice et ne se laisse pas aveugler par sa colère ou par sa tristesse. Contrairement par exemple à Rita Sue qui veut absolument se venger de l'homme qui a assassiné sa fille. C'était poignant, et cela pourrait être une belle façon d'approfondir ces personnages là. Jonesy prend lui aussi de l'ampleur. Et on commence à en apprendre davantage sur lui. Il commence à ma plaire et à montrer tout son potentiel. Le flash backs montrant comment il s'est retrouvé boiteux est particulièrement dur et violent. Mais au delà de cela, il commence à s'opposer à Samson et à sa manière de faire. Il ne faut pas oublier que c'est Samson qui a dirigé la troupe vers Babylone, et ce malgré les risques et la réputation de cette funeste ville. Il remet aussi en question le management. Finalement, Jonesy prend un peu la place du public en ayant les mêmes doutes. La management existe t-il vraiment ou est-ce une invention, un mirage de Samson pour se donner encore plus de pouvoir ? Il semble ne plus vouloir y croire. Cela dit, on n'est pas prêt d'avoir des réponses concernant cette partie de l'intrigue. Et Samson reste sur ses positions. Le management existe, mais selon lui, s'il ne veut pas être vu, alors on ne le voit pas. C'est aussi simple que cela, mais aussi très effrayant et énigmatique. Mais même sans les ordres du management, Samson prend des initiatives pour le moins très inquiétantes. Comme celle d'abattre avec une froideur absolue l'homme qu'il venait juste de laisser partir pour le meurtre de Dora. Le fait qu'il en sache beaucoup sur Scudder, et donc qu'il était inévitablement lié de près ou de loin à Ben Hawkins n'est sans doute pas un hasard non plus. C'est vraiment très intriguant, et Samson a sans doutes des raisons pour agir de la sorte. Lesquelles ? Cela reste encore un grand et profond mystère.
Dans l'autre camp, on avance toujours centimètre par centimètre avec frère Justin, mais c'est une partie que j'aime beaucoup car Justin peut être un personnage très imprévisible, et tôt ou tard, on sait qu'il va basculer du côté obscur. Pour le moment, il est désespérément paumé. Il a tout perdu. Son projet, les enfants brulés vifs dans ce lieu du renouveau et surtout sa foi en Dieu. Il a tout simplement perdu son Dieu comme il le dit. Et après tout, ses interrogations sont parfaitement légitimes et intéressantes. Comment peut-on croire en un Dieu quand on voit de telles atrocités ? Comme le Dieu de Justin a pû laisser des enfants mourir carbonisés d'une telle façon ? On développe donc une intrigue vraiment très intéressantes pour Justin, sans véritablement savoir où celle-ci va nous mener. Il part même en pèlerinage afin de se retrouver, et de retrouver sa foi si cela est encore possible. Au passage, il rencontre un certain animateur de radio interprété par Robert Kneeper que l'on connait tous pour son rôle dans Prison Break. Il sera sans doute un personnage clé pour la suite, car il semble s'intéresser de très près à Justin Crowe. Il raconte même ses aventures à la radio et lance un message de détresse pour retrouver Justin qui après leur rencontre a totalement disparu. Il s'est tout simplement évaporé dans la nature. Pour aller où ? On l'ignore totalement pour le moment. Ces dernières scènes sont en tout cas très troublantes.
Bilan : Du tout grand Carni. En ne racontant pourtant pas grand chose, la série arrive à être passionnante, fascinante, littéralement envoutante. Et cela ne semble être que le début, car les intrigues, les personnages prennent une nouvelle direction avec cet épisode. On ne sait jamais vraiment à quoi s'attendre, car Carnivàle est avant tout une série atypique, étrange qui nous prend sans cesse à contre pieds. Ben et Justin sont toujours mis en opposition, mais il n'y a aucun manichéisme. Que du contraire, car pour le moment Justin reste bon et veut croire en sa foi, tandis que Ben est un petit délinquant et évadé de prison. Cet épisode nous révèle aussi certains personnages pouvant se montrer complexes, durs, étranges mais aussi touchants selon les circonstances. Carni est définitivement bien une série signé HBO.
23:50 Ecrit par Ryan dans Carnivàle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carnivàle, nick stahl, clancy brown, clea duvall, michael j. anderson, amy madigan, robert kneeper
03.05.2009
Carnivàle - 1x05 Babylone

Il fallait bien un tel épisode après le dernier qui ne m'avais pas beaucoup plu et où l'on faisait beaucoup de surplace, ici l'on retrouve du Carni de tout haut niveau. Encore une fois, on avance assez peu, mais les quelques pas faits sont néanmoins importants. Exceptionnellement, on met l'intrigue de Justin Crowe sur pause pour se consacrer uniquement aux forains. Un choix peut-être assez étrange, mais qui fonctionne assez bien ici. On ne se rend pas vraiment compte de son absence, même si l'ouvre l'épisode avec un superbe monologue, et toute l'intrigue autour des forains est toujours passionnante et brillamment menée. On voyage encore et toujours avec la troupe de Samson, et comme prévu l'on se retrouve à Babylone. Ville de tous les vices. Dès la scène d'introduction et plus encore que d'habitude, on se retrouve dans une ambiance particulière, sombre et même glauque. Tout au long, on sent qu'il va se passer quelque chose de grave, et pourtant je ne m'attendais pas à un conclusion aussi malsaine et dérangeante. On n'est décidément pas au bout de nos surprises avec cette série tellement particulière. Si l'épisode se centre particulièrement autour de l'organisation du spectacle à Babylone, c'est aussi l'occasion d'approfondir et de mieux connaître certains personnages. Ironie du sort, Ben est moins mis en avant que d'habitude, et pour tout dire, on ne comprend pas grand chose à son intrigue. Sa petite virée dans un tunnel à la recherche de Scudder n'est pas franchement très passionnante, c'est très sombre, assez nébuleux et on a un peu de mal à voir vers quoi l'intrigue se dirige. Cependant, on sent le récit parfaitement maitrisé, donc il n'y a pas vraiment de frustration à avoir pour le moment, on en saura sans doute davantage au fur et à mesure. Mais on attend clairement d'en savoir plus, Lodz continue de s'intéresser au jeune garçon, mais comme le dit Ben, je ne suis pas persuadé qu'il en sache autant qu'il veut bien le dire. Ce sera à voir dans la suite des festivités. Mais vu le cliffangher, il était logique d'exiler Ben de la fête foraine scénaristiquement parlant. Et ce n'est peut-être pas plus mal.
On s'attarde davantage sur le personnage de Sofie qui se lie d'amitié avec Libby, l'une des filles de joies de la famille Dreifuss. Les deux jeunes filles ont à première vue peu de choses en communs, mais se lie d'amitié et passent de bons moment, par exemple au cinéma. Un cinéma vide et lugubre soit dit en passant, mais qui est bien à l'image de cette ambiance presque sale et malsaine de Babylone. Je ne crois pas avoir rêvé, mais l'on semble également avoir une ébauche de tension sexuelle entre les deux jeune femmes. Libby semble être une jeune femme très libérée sexuellement parlant, tandis que Sofie est beaucoup plus introvertie, elle reste encore un peu dans son coin. Mais au fil des épisodes, elle prend son indépendance et se détache de l'emprise de sa mère. Cependant, Apollonia a toujours une emprise sur sa fille, et le personnage est toujours aussi effrayant et énigmatique. Elle ne bouge pas d'un centimètre, mais son regard nous pétrifie à chaque seconde. Elle ne cache pas qu'elle n'apprécie guère que sa fille traine avec une fille comme Libby et fait tout son possible pour que Sofie se rapproche de Ben. Ce n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour, car ils sont légèrement en froid depuis quelques temps. On sent aussi une certaine tension entre Sofie et Jonesy. A l'heure actuelle, on ne sait pas grand chose de leur relation, mais ils sont vécu quelque chose ensemble, et à priori, Jonesy ne s'est pas très bien comporté avec elle. On approfondi également ce personnage qui commence à se rebeller contre Samson qui continue de prendre les décisions pour la troupe, et ce ne sont pas forcément les meilleures. Le voyage à Babylone était clairement l'idée du management (qu'on ne voit toujours pas, ce qui renforce toute l'intensité du personnage), et au fond on peut se demander quel était le but de cela. C'est sans doute pour toutes ces choses que Jonesy finit par péter les plombs, et à faire tourner la grande roue à tout vitesse. Une scène poignante, étrange et imprévisible, parfaitement à l'image de la série.
La famille Dreifuss est aussi à l'honneur, composée essentiellement par les trois femmes stripteaseuses, et bien plus encore si le client y met le prix. Le spectacle de Babylone est cependant bien différent par rapport à ce que l'on a pu voir depuis le début de la série. Samson peut être content, car il y a du monde même si la ville semblait à première vue pratiquement déserte. Mais les habitants de cette ville semblent éteints, glauques et étranges par bien des aspects. Samson est tout d'abord ravi de pouvoir s'en mettre pleins les poches, puis très inquiets car ses nouveaux client peuvent être particulièrement imprévisibles. On peut comprendre qu'il ordonne à la famille des stripteaseuses de ne pas faire l'intégrale ce soir, car cela peut être très dangereux. Elles auraient mieux faits d'en rester là, mais Rita Sue décide d'envoyer sa fille tout montrer malgré les risques. La série n'hésite pas à nous montrer des femmes totalement nues sans la moindre censure, ça rajoute beaucoup à l'atmosphère malsaine et glauque de la dite scène, l'on reconnaît bien le style d'HBO. Malheureusement tout finit très mal pour cette pauvre Dora qui se fait attaquer pendant son numéro, et après avoir été mise en sécurité quelques minutes, on la retrouve pendue à quelques pas du campement. Pendue pratiquement nue, égorgée comme pour la faire payer pour sa décadence et sa vie délurée. Sans aucun doute l'œuvre des habitants de cette ville très étrange et perverse. Une conclusion très fataliste, sombre et qui risque de nous emmener vers quelque chose de peut-être encore plus sombre comme la potentielle vengeance de la famille. Et c'est là que l'absence de Ben trouve tout son sens, on peut deviner qu'il va redonner la vie à Dora et ainsi peut-être accepter un peu plus son pouvoir qu'il a tant de mal à appréhender.
Bilan : On continue d'approfondir la série et les personnages, et même si l'intrigue ne fait pas un bond considérable, Carnivàle reste une série passionnante par bien des aspects. On ne comprend pas toujours tout, l'ensemble est assez nébuleux mais on sent l'ensemble maitrisé de A à Z, la seule chose qui manque véritablement à cet épisode est la présence de Justin Crowe, toujours fascinant et terriblement complexe. Mais cette répartition dans les intrigues était sans doute utile pour permettre d'aller plus en profondeur dans l'intrigue des forains. Cependant, Carnivàle n'est pas une série très facile à commenter, car très complexe. Carni, ça ne s'explique pas, ça se vit, ça se ressent. Comme beaucoup des grandes séries d'HBO en quelque sorte.
16:45 Ecrit par Ryan dans Carnivàle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carnivàle, nick stahl, clancy brown, clea duvall, michael j. anderson, amy madigan
14.04.2009
Carnivàle - 1x04 Vents de folie

Petite baisse de régime par rapport aux trois premiers épisodes menés d'une main de maître, même si cela reste un très bon épisode. On a beaucoup avancé dans les derniers épisodes, les personnages sont clairement installés, la mythologie également donc du coup, on fait un peu du surplace. Un épisode finalement assez nébuleux qui ne fait pas avancer grand chose, mais où le maitre mot est de nous embrouiller. Et à ce petit jeu, Carnivàle est très forte. Car on peut le dire, on ne comprend pas grand chose. Il reste énormément de questions en suspens, et force est de constater qu'il va falloir être patient avant d'avoir toutes les clés de cette intrigue très complexe. Une tempête souffle sur les héros de la série, au sens propre comme au figuré. Et Ben doit apprendre à accepter son bien étrange pouvoir. Presque malgré lui, il se fait embarqué par Lodz dans une virée aussi épique qu'inquiétante. A l'image de l'ensemble des personnages de la série, Lodz est quelqu'un de très intriguant, très mystérieux car on sait finalement bien peu de choses sur lui, si ce n'est qu'il s'intéresse de très près au jeune Hawkins. Il y a forcément une raison à cela. Il se pourrait même qu'il soit lié de près ou de loin à son pouvoir, ou même à sa mère peut-être. Car l'on sait que celle-ci a fait partie de l'équipe des forains à une certaine époque de sa vie. Cela reste encore à voir, rien ne nous est dit explicitement pour le moment. Ben n'a donc pas intégré la troupe par hasard, mais cela on s'en serait douté depuis le début de la série vu tous ses regards appuyés sur le jeune garçon. Le problème est que pour le moment, on n'apprend pas grand chose. Cela reste passionnant à regarder, très intriguant mais un début de réponses ne serait à mon sens pas de refus. On en apprend tout de même un peu sur le pouvoir de Ben qui ne se limite pas seulement aux vies humaines mais également sur le climat en général. Ainsi, il peut provoquer la tempête ou non au seul changement de ses émotions. C'est assez impressionnant et l'on ne demande qu'à en savoir davantage. Et Ben également, car il se pose pas mal de questions, même s'il tente de réfuter le plus possible ses capacités qui ne lui apporte que des problèmes depuis le départ. Et si Lodz tient tellement à l'aider et à lui en apprendre plus sur son destin, c'est sans doute car il pourrait y trouver son compte lui aussi. Je l'ai déjà dit, mais je suis absolument bluffé par la réalisation de la série. L'image est magnifique, un esthétisme éblouissant et très rare à la télévision. Chaque plan est une véritable œuvre d'art, et avec cet épisode prenant pour cadre une grosse tempête, on se rend compte de l'énorme travail fait sur cette série. Tout est maitrisé dans les moindres détails. La misère humaine à travers cette année 1934 est très bien représenté, et c'est particulièrement présent dans les scènes avec les forains qui doivent se cacher de la tempête dans leur caravane. Jonesy prend plus de place dans l'intrigue générale, et il commence à être intrigué par ce qui se trame vraiment dans la troupe et veut en savoir plus sur le management (ou le grand patron en vf) et je peux le comprendre. Pour le moment, comme lui, on ne saura rien. Il est derrière un rideau, et donne une image très effrayante. On est sans doute pas au bout de nos surprises.
De l'autre côté, Sofie joue à être une autre personne pour oublier le vide sidéral de son existence. Elle n'a finalement pas vraiment sa place dans la troupe, et c'est sans doute un personnage bien plus complexe qu'on pourrait le penser au premier coup d'œil. Elle est toujours sous l'emprise d'Apollonia, mais peu à peu elle s'émancipe et cherche à être une véritable femme indépendante. La preuve, elle perd sa virginité avec quasiment un inconnu avec qui elle s'invente un passé tragique. Il semble être un gentil garçon à première vu, et l'ambiance du bar retranscrit bien l'époque des années 30. J'ai beaucoup aimé toute cette partie. Mais derrière les apparences, l'on sent vraiment que Sofie est une fille perdue, et qu'elle ne sait plus vraiment ce qu'elle veut faire dans la vie. Elle a toujours vécue parmi les forains d'après ce que l'on en sait, mais elle veut mieux que cette vie là où elle doit passer de ville en ville. Clea DuVall retranscrit cela parfaitement. La partie avec Samson et la prostituée est par contre beaucoup moins passionnante, et limite anecdotique car je doute que l'on revoit la miss un jour. Elle lui fait clairement comprendre qu'elle ne veut plus jamais avoir à faire à lui et à ses petits jeux de voyeurisme malsain. Mais Samson reste un personnage que j'aime beaucoup, qui est loin d'être tout blanc ou tout noir. Et une fois passé la tempête, la suite du voyage des forains ne s'annoncent pas plus calme, car ils se dirigent vers Babylone, ville de tous les vices d'après les forains. Ca tombe bien, le prochain épisode porte le nom de cette ville. On ne risque pas de s'y ennuyer à mon humble avis.
L'autre partie de l'épisode se consacre à Justin Crowe, sans doute le personnage le plus fascinant de la série et son intrigue est toujours bien mené, même si on avance vraiment par toutes petites touches. Ainsi, il reste toujours aussi sûre de lui et fait tout pour continuer sa mission. Même si on le contre dans sa décision, il semble bien décidé à accomplir la mission que lui a délivré Dieu selon lui mais ce n'est pas si simple. Malgré tous ses efforts, la situation se retourne contre lui car l'église prend feu et tue tragiquement de nombreux enfants innocents. Une scène forte, noire et dérangeante qui aura sans doute un grand impact sur Justin qui pourrait remettre beaucoup de choses en questions suite à ce drame. Rien n'est moins certain à présent, surtout que Iris est de plus en plus mystérieuse et comme Lodz, elle en sait sans doute bien plus qu'on ne le pense sur son frère et son don. Leurs scènes sont toujours très réussies et énigmatiques, même si on avance par toutes petites touches. C'est un peu dommage car le récit est pourtant passionnant, et ce malgré cet état de fait.
Bilan : Un épisode qui nous laisse apercevoir Carnivàle en petite forme. On met en place de nombreux éléments, sans doute importants pour la suite, mais rien ne bouge vraiment. On brasse un peu de l'air et l'on se pose de nombreuses questions, mais rien de plus. Mais même sans grands événements, la série reste passionnante et bien construite notamment grâce à une interprétation parfaite et à une réalisation inquiétante et mystérieuse. Sans doute le moins bon épisode pour le moment, mais rien d'inquiétant pour autant.
22:48 Ecrit par Ryan dans Carnivàle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carnivàle, nick stahl, clancy brown, clea duvall, michael j. anderson, amy madigan
02.04.2009
Carnivàle - 1x03 Le chapiteau des miracles
Très impressionné par Carnivàle je suis. Une série passionnante, fascinante qui reste pour le moment assez nébuleuse, très complexe mais qui parvient à captiver le public de façon assez incroyable. Après trois épisodes, la série a clairement pris son rythme de croisière, le ton unique est trouvé et on va de surprises en surprises. Comme c'est la règle, on a deux axes à l'univers de la série. Les forains d'un côté et le frère Justin Crowe de l'autre. Étrangement, on passe assez peu de temps sur Justin, seulement deux ou trois scènes. Mais cette partie est toujours aussi passionnante, car Justin est un personnage très charismatique, très mystérieux qui semble destiné à faire une vertigineuse descente aux enfers au cours de la série. Avec l'aide d'Iris, toujours aussi mystérieuse également, il a réussi à aller jusqu'au bout de sa mission et les immigrés ont désormais le droit à un refuge, un lieu saint où brother Crowe les accueille et leur vient en aide. Tout le monde lui est très reconnaissant sans vraiment savoir ce qu'était l'endroit avant cela. Mais ce qui nous intéresse plus particulièrement, c'est son pouvoir qui commence à prendre de grosses proportions. Et comme Ben, il le maitrise toujours assez mal. Ce serait sans doute très manichéen de voir Justin comme le méchant dans l'histoire, car même si son pouvoir est très dangereux, il n'est pour autant le diable en personne. Au contraire, c'est un homme saint qui cherche désespérément à faire le bien et à aider les autres, comme pour se montrer qu'il n'est pas mauvais, et que ce don (malédiction ?) qu'il traine ne signifie pas qu'il est le diable. L'une des scènes les plus marquantes du pilote était celle où il forçait une vieille femme à avouer ses péchés et qu'elle recrachait des dizaines de centaines de pièces de monnaie. Ici, on va encore plus loin car rien qu'en s'énervant, Justin tue un homme. C'est très intriguant, très mystérieux mais ce n'est pas du tout un mystère artificiel, car l'on sent l'énorme potentiel de cette série et pour le moment tout est très bien maitrisé. Si Justin commence à se rendre compte de ses capacités et du mal qu'il peut faire à autrui, Iris commence elle aussi à se poser des questions sur les agissements étranges de son frère. Quelque chose me dit qu'elle n'est pas vraiment dupe et quelque part, elle aussi doit cacher quelque chose. Elle ne semble pas très net on va dire. Dans cet épisode, pas de rêves mythologiques croisés entre Justin et Ben, un peu dommage car leur rêve commun était grandiose dans le dernier épisode. Mais cela devrait bientôt revenir, car les deux personnages sont clairement destinés à se rencontrer, et même peut-être à s'affronter. Mais il faudra sans doute le temps pour cela, chacun évoluant de son côté et apprenant à maitriser son pouvoir. On peut même imaginer un affrontement entre les deux personnages principaux à la fin de la série, mais ne parlons pas trop vite. L'aspect mythologique de Carnivàle est toujours aussi abouti pour le moment, la série a tout simplement un potentiel incroyable, et si cela continue sur cette lancée, alors nul doute que l'on aura une grande série.
Ce qui prend le plus de place dans cet épisode, c'est toute la partie avec les forains partis au Sud. Cette partie de l'intrigue est tout bonnement excellente pour plusieurs raisons. Tout d'abord, sans caricaturer les forains, on joue avec les clichés de cette profession et cela avec grand talent. Arrivés au Sud, le shérif de la ville prévient clairement Samson qu'il n'est pas question pour eux de rester car les habitants n'ont clairement pas les moyens de se faire escroquer par une bande de forains. Pas de soucis, Samson trouve l'idée parfaite pour que le spectacle du soir attire les habitants soit disant pauvres de cette ville, axer le show sur la religion. Nous sommes dans les années 30, les gens sont très axés vers la religion et plus encore intrigués par les miracles. Et c'est là que Ben Hawkins entre dans le jeu. Pour la première fois, il entre sous les projecteurs et devient en quelque sort la star du spectacle en devenant l'homme des miracles. Il pourra toucher n'importe quelle personne pour la sauver. Samson n'a pas l'air de croire en les capacités de Ben, mais voit plus cela comme une belle occasion de s'en mettre pleins les poches. J'ai trouvé cela vraiment excellent, car il arnaque ni plus ni moins tous ces gens. Ben a certes le pouvoir de guérison mais ne s'en sert pas vraiment, puisque ce sont les forains déguisés qui sont choisis au fur et à mesure pour mener à bien la supercherie. C'était très bien mené et la réalisation est une nouvelle fois admirable, on se délecte de chaque minute tant l'image de cette série est superbe. J'ai rarement vu un tel esthétisme à la télévision. Mais au delà de cette supercherie, l'intrigue permet de faire évoluer le personnage de Ben toujours à la recherche de son passé, et donc des réponses. Le duo avec Sofie fonctionne très bien, et on sent toujours une certaine tension quasi sexuelle entre eux. Apollonia semble remise après son attaque et en sait beaucoup sur Ben, là aussi que d'interrogations, mais nous n'en saurons pas plus pour le moment. Ben commence néanmoins à avoir quelques réponses en rendant visite à cette femme mourante qui peut aussi le mettre sur la voie concernant Scudder et sa propre mère. On continue de nager en plein noir sur cette partie, mais ce n'est pas très grave, car l'on semble assister à un toutélié assez impressionnant. C'est en tout cas l'impression que cela me donne pour le moment. Vis à vis de son don ou de sa malédiction comme il le dit, il comprend qu'il ne peut sauver qu'une âme à la fois sous peine de créer un déséquilibre. C'était assez logique mais c'est utile de le préciser. Au final, si cette femme refuse de se laisser guérir par Ben devant toute une assemblée, c'est sans doute pour quelque chose. Mais cela remet les pendules à zéro, car Samson semble tout d'un coup très en colère contre son petit protégé et est maintenant décidé à mettre les voiles vers Babylone. Vu le regard de Jonesy, cela n'augure rien de bon. Hâte de voir ce que cela va donner ce nouveau voyage. Il est cependant très clair que Samson ne croit pas en les pouvoirs de Ben, il le dit lui même, si cette femme avait bien voulu être guérie, il n'aurait rien pu faire. Tout du moins c'est ce qu'il pense. Cela promet d'être très intéressant pour la suite, surtout que Ben commence à accepter son destin, et était même prêt à se servir de son pouvoir, là où avant sa discussions avec cette femme, il avait encore très peur de ce qu'il était au plus profond de lui, et on peut facilement comprendre ses doutes.
Bilan : Un troisième épisode brillant, passionnant exploitant pleinement l'énorme potentiel de la série. Malgré le rythme assez lent et l'ambiance assez mystérieuse, on rentre complètement dans l'action se laissant avant tout guider par la galerie impressionnante des personnages et par un arc narratif en tout point fascinant. Une œuvre brillante à n'en pas douter.
23:34 Ecrit par Ryan dans Carnivàle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carnivàle, nick stahl, clancy brown, clea duvall, michael j. anderson, amy madigan
05.03.2009
Carnivàle - 1x02 Cap au sud

Envoutant. Terriblement envoutant. Voilà comment décrire l'univers tellement particulier de Carnivàle qui ne ressemble à absolument aucune série passée et encore moins présente. Le premier épisode, tout en frôlant l'excellence à touts points de vue lançait la série en délivrant les principaux arcs. Ce second épisode est sur la même lancée, on approfondi les personnages et on délivre de nombreux mystères. Tout fonctionne très bien, à un détail près, on ne comprend pas grand chose. Mais vraiment pas grand chose pour le coup. Mais paradoxalement, l'histoire est vraiment passionnante, et malgré une certaine lenteur dans le rythme, je me suis tellement immergé dans le récit que je n'ai pas vu passé les cinquante minutes. Même si tout y est très étrange dans cette série, les personnages, l'intrigues, les séquences rêvés. On nage en plein mystère, et cela a quelque chose de vraiment envoutant, et l'on devrait de toute façon y voir plus clair au fur et à mesure des deux saisons que composent la série. Il y a toujours deux intrigues parallèles, avec d'un côté Ben qui commence à prendre ses marques dans la troupe et Justin la révérend qui est de plus en plus angoissant au fur et à mesure du récit. L'épisode commence déjà très fort avec ce rêve apocalyptique que partage Ben et Justin. L'esthétique est une nouvelle fois de plus parfaitement maitrisé. Et cela pose déjà beaucoup de questions quand à la connexion entre les deux personnages qui sont les parfaits opposés. Si le don de Ben est assez clair à l'heure actuelle, celui de Justin semble être beaucoup plus complexe et pour le moment, il est assez difficile de voir la direction que va prendre ce personnage. Même si on peut deviner qu'au fur et à mesure du récit, il va s'enfoncer dans la noirceur. Mais malgré son obscur pouvoir, il n'est pas un méchant dans le sens qu'on l'entend, tout du moins pas encore. Au contraire même, puisque c'est un prêtre prêt à aider la communauté et principalement les immigrés qui sont rejetés par les habitués de l'église. On revoit à nouveau la femme du pilote à qui Justin à fait recraché des centaines de pièces de monnaie, en bonne voleuse qu'elle était. C'était l'une des plus grandes scènes du pilote, mais la série se surpasse à nouveau avec cet homme propriétaire du club chinois que Justin veut acquérir pour les pratiquants immigrants. Cet homme a de grosses tendances pédophiles et Justin le met face à sa conscience dans une scène absolument terrifiante et remarquablement interprétée. Justin le pousse tellement à accepter cette terrible vérité pour le faire vendre qu'il finit par se coller une balle en pleine tête, tellement rongé par ses pêchés. On entrevoit clairement l'incroyable potentiel de Carnivàle et le côté mythologique du show s'annonce extrêmement complexe, ce n'est pas peu dire. Et à côté de Justin, je suis aussi très intrigué par Iris Crowe, sa sœur qui n'est sans doute pas là juste pour faire jolie. Elle aura sans le moindre doute un rôle à jouer dans l'ascension de Justin et elle m'intrigue beaucoup pour le moment.
Incroyable, mais du côté des forains c'est tout aussi bon. Et l'on se pose à nouveau beaucoup de questions. A ce stade, on est très loin d'avoir cerné les différents personnages, mais tous sont très intéressants. Ils sont beaucoup, et on aurait facilement pu s'y perdre, mais ce n'est pas du tout le cas, car tous ont une spécifité qui leur est propre. Ben Hawkins m'intrigue particulièrement, et lui aussi semble se poser beaucoup de questions. Sur son don bien évidemment, mais aussi sur les forains et sur son passé. Tout y est très intriguant, comme par exemple la scène de la roulotte à bagages qui n'existe pas selon Samson. Alors comment se fait-il que Ben soit rentré dedans et qu'il y ait trouvé une photo énigmatique. Deviendrait-il fou ? Trop facile comme explication. C'est finalement tout ce côté étrange, paranormal qui me plait dans la série, on ne sait pas du tout à quoi s'attendre, ce qui rend le récit particulièrement imprévisible. On découvre grâce à cette photo trouvée par Ben dans la fameuse roulotte que sa mère a fait partie de la troupe des forains à un certain moment de sa vie. Et son père sans doute également. On parle d'un certain Scudder, mais tout est encore très flou pour le moment. D'ailleurs, on sent une certaine connexion entre Ben et Ruthie, la femme au serpent qu'il espionne quand elle prend sa douche et il trouve très vite une confidente en cette femme. Les autres personnages trouvent également très vite leur place dans le récit, et tous m'intriguent au plus haut point. Lodz est également un personnage très mystérieux, qui en sait probablement beaucoup et qui semble se méfier de Ben après ce qu'il a vécu en pénétrant dans sa tête pendant qu'il dormait. Rita Sue et sa famille apportent également de bonnes choses et un peu d'humour bienvenu quand l'une de ses filles tente de séduire Ben, ce qui n'est pas vraiment chose facile tant le jeune homme semble renfermé et tourmenté. Et il y a aussi le personnage de Sofie qui m'intrigue beaucoup. Tout d'abord, j'aime bien Clea DuVall et son interprétation est très convaincante, mais sa relation avec sa mère apporte encore et toujours beaucoup d'interrogations. Il y a définitivement un truc dans le regard d'Apollonia qui est vraiment très angoissant. Elle ne bouge pas, ne parle pas (sauf à la fin), mais sa simple présence a tendance à nous angoisser. Sofie semble être sous l'emprise de sa mère qui lui parle constamment, et Apollonia semble justement en savoir beaucoup sur Ben et sa présence dans le troupe. Il n'est pas là par hasard, c'est certain. Même le grand patron, dont on ignore tout, jusqu'à son propre visage, veut le garder dans la troupe. L'une des scènes les plus terrifiantes de cet épisode est sans aucun doute la « rencontre » entre Ben et Apollonia. Elle se lève et marche (!) en pleine nuit pour lui murmurer quelques mots incompréhensibles avant de retomber dans un état comateux. Vraiment très intriguant.
Bilan : Carnivàle démontre avec cet épisode qu'elle a un gigantesque potentiel, même si pour le moment tout est encore très flou et on ne comprend pas toujours tout. Les mystères sont très nombreux, mais la série possède un univers totalement unique, des personnages très complexe et tourmentés et une mythologie qui s'annonce impressionnante vu comme c'est parti. Une fois de plus, HBO nous a concocté un vrai petit bijou.
14:17 Ecrit par Ryan dans Carnivàle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carnivàle, nick stahl, clancy brown, michael j. anderson, clea duvall, amy madigan, patrick bauchau
22.02.2009
Carnivàle - 1x01 Sur la route de Milfay (Series premiere)

Diffusée entre 2003 et 2005 sur la chaine câblée américaine HBO, Carnivàle est une série qui m'a toujours beaucoup intrigué, et depuis quelques semaines je me suis intéressé de plus près à cette série de prestige tout en n'étant pas réellement convaincu de trouver mon compte dans une série assez complexe et mystérieuse. La question était donc de savoir si la série allait me plaire et surtout si elle était à la hauteur de sa réputation. La réponse est un grand oui aux deux questions. Je me suis totalement laissé happé par l'univers si particulier de cette série, car une fois dans l'histoire, on reste scotché à son écran devant cette histoire vraiment captivante, même si le rythme même de la série est assez lent. Cela pourrait être un défaut pour n'importe quelle série, mais c'est loin d'en être un pour Carnivàle. Au contraire, on prend le temps d'installer les intrigues et les personnages, la série ne nous balance pas n'importe quelle révélation dès l'épisode pilote, on prend le temps de mettre en place l'intrigue principale et se repérer parmi le grand nombre de personnages. La série se veut lente mais aussi particulièrement complexe. Tout est justement dans l'ambiance, dans ces personnages déjà hauts en couleurs et ce parallèle entre le bien et le mal exposé par les pouvoirs de Ben et Justin. Ce pilote est surtout une mise en place, une mise en bouche de ce que sera la série, et au final il ne s'y passe pas forcément grand chose. Mais cela n'empêche pas ce pilote d'être en touts points remarquable.
It's not a television, it's HBO pourrait-on dire dès le départ de ce premier épisode, car dès la première seconde, on se rend compte que nous sommes bien devant une série de HBO et donc qui rime forcément avec inventivité, complexité et intelligence, et cela se voit directement avec le fabuleux générique qui forcément dure plusieurs minutes comme les autres séries de la chaine mais celui-ci se regarde avec délectation tant il est magnifiquement conçu et représente bien l'ambiance du show. La série commence dans les années 30 durant la grande dépression. D'entrée de jeu, on fait le connaissance du jeune fermier Ben Hawkins fraichement évadé de prison et qui voit sa mère mourir sous ses yeux. Alors qu'il est sur le point de l'enterrer, une bande de forains passent par là et décident d'emmener le jeune homme avec eux pour de troubles raisons. Le jeune Ben est hanté par de très troublants rêves qu'il semble partagé avec le frère Justin, vivant en Californie et qui est sans doute lié à Ben dans un certain sens. Quand il embarque au sein de la troupe de forain, on découvre tout une galerie de personnages qui deviennent assez vite attachants. Si ils sont assez nombreux au départ, on ne s'embrouille pas et le repérage entre tous se fait assez rapidement, chacun ayant sa spécificité qui lui est propre. Dans le tas, il y a Samson, le leader de la troupe, un nain très charismatique qui obéit aux ordres de son grand patron qu'on ne voit pas pour le moment et dont on ignore tout. Le professeur Lodz est également un personnage très énigmatique, aveugle, il est capable de lire dans les rêves des gens et il aura d'ailleurs du mal à se relever après être entré dans la tête du jeune Ben. Tout autour, il y a toute une galerie de personnages qui seront sans doute importants au fur et à mesure du récit. Ruthie, la femme au serpent qui insiste pour que Ben soit emmené avec eux, Jonesy à l'apparence dur mais qui est finalement assez sensible semble t-il, Lila la femme à la barbe et accessoirement compagne de Lodz lorsque l'envie l'en prend, Rita Sue et ses filles, des danseuses nues qui peuvent aussi être filles de joies lorsque le client est suffisamment généreux. Sans non plus oublier la jeune Sofie qui est la voyante de la troupe et dont la mère, plongée dans un état catatonique, envahit son esprit. Très vite, l'on comprend que Ben n'est pas là par hasard, et que son arrivée aura de grandes répercussions dans la troupe des forains, le grand patron semble d'ailleurs avoir de grands projets pour lui. Et intelligemment, on laisse le temps à la série de s'installer avant de révéler le pouvoir de Ben. Même si la première scène et ses rêves apocalyptiques pouvaient déjà nous mettre sur la voie. Il a le pouvoir de guérison et même de résurrection, mais pour le moment il ne semble pas prêt à s'en servir. Au contraire, il refuse même son don comme si c'était un signe du diable. Les flash backs nous en apprennent beaucoup sur le passé, et plus particulièrement l'enfance de Ben et ce qu'il a du endurer vis à vis de son don. Comme la scène où il ressuscite un petit chat avant que sa mère le noie à cause de ses convictions religieuses, seul Dieu peut décider de la vie ou de la mort et après cela, on comprend l'état d'esprit dans lequel se trouve Hawkins. Nick Stahl est vraiment très convaincant dans le rôle de Ben Hawkins, même si c'est un rôle assez difficile à jouer, car Ben est un personnage très effacé, sensible et qui ne montre jamais vraiment ses sentiments. Il se pose perpétuellement des questions, doit-il utiliser son don, et dans quel but ? On pose là l'une des thématique de la série. A la fin de l'épisode, Ben affronte son destin avec un petit fille handicapé qu'il touche avec les mains pour qu'elle puisse à nouveau remarché. S'il n'est pas encore totalement prêt à accepter sa destinée, il le faudra bien car il est sans doute destiné à faire de grandes choses dans un futur très proche.
La série se partage en deux intrigues parallèles. D'un côté, Ben évolue avec la troupe des forains, et de l'autre on suit en Californie le frère Justin et sa sœur Iris Crowe. Si les deux intrigues sont en parallèles, on devine très vite que tout est lié et que Justin est finalement l'égal de Ben, sauf que son don est quelque peu différent. C'est même le don opposé, car si Ben rend la vie, Justin la reprend. Mais cela ne fait pas de Justin un grand méchant, tout du moins pas encore. Car justement Justin est un homme à priori bon qui est toujours là pour aidé son prochain et à sauver les prêcheurs. Ainsi, dans ce pilote, il y a une scène particulièrement impressionnante où une vieille femme ayant volé des pièces dans la quête se retrouve à recracher des centaines de pièces de monnaie au contact de Justin. Si pour le moment, Justin ne se rend pas encore compte de son don et ne semble pas le maitriser, sa sœur Iris est par contre beaucoup plus ambiguë, elle en sait certainement plus qu'elle n'en dit. Et sur la route sombre qui l'attend, Justin est aussi guidé par des rêves étranges et prothétiques, comme celui devant ce club de stripteaseuse où la neige se transforme en sang. Une séquence absolument magnifique du point de vue de la réalisation. Et c'est d'ailleurs l'un des nombreux points forts de la série. La réalisation est digne des plus grandes, et on sent là un véritable travail fait sur l'esthétique de cette série. Si les rêves de Justin et Ben sont plus colorés, angoissants et rythmés, le récit est beaucoup plus sombre tout en étant parsemé de magnifiques paysages, comme par exemple cette splendide image durant laquelle Ben rend ses jambes à cette petite fille. Un magnifique travail d'esthétisme. Mais comme je le disais, Carnivàle c'est surtout une série d'ambiance, on se laisse complètement envouté par l'univers tellement particulier de cette série qu'on ne peut comparer à aucune autre, tant elle est unique en son genre. On ressent cette série qui s'annonce captivante à travers des personnages tous plus complexes et ambiguës les uns que les autres et à travers une intrigue principale qui pourrait très vite s'annoncer passionnante à suivre. La mythologie est installée dès ce premier épisode, et on sent déjà l'énorme potentiel de celle-ci. La lutte contre le bien et le mal est loin d'être manichéenne, et si jamais il y a bien ce combat entre les deux personnages principaux, celle-ci se fera lentement, laissant tout d'abord place à l'évolution des deux personnages et à l'acceptation de leurs dons respectifs.
Bilan : Un grande réussite pour ce premier épisode de Carnivàle qui en impose dès le départ. Un univers envoutant et particulièrement atypique, une galerie de personnages très riche, une réalisation en touts points parfaite et une histoire mystico-fantastique fascinante dont le côté mythologique s'annonce impressionnant. Une totale réussite.
En bonus, le fabuleux générique de Carnivàle.
23:46 Ecrit par Ryan dans Carnivàle, Pilote | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : carnivàle, nick stahl, clancy brown, michael j. anderson, clea duvall, amy madigan, patrick bauchau






























